Ce dimanche 4 juillet, le Mali a été secoué par une série d'attaques coordonnées visant plusieurs localités du pays, notamment dans la région de Bamako et dans le centre du pays. Selon un bilan provisoire fourni par des sources sécuritaires, au moins 14 personnes ont perdu la vie et plusieurs dizaines d'autres ont été blessées.
Des cibles militaires et civiles
Les assaillants ont attaqué simultanément des positions de l'armée malienne dans au moins trois localités différentes. Dans la capitale, Bamako, des tirs ont été entendus près du camp militaire de Kati, une base clé abritant l'état-major. Des sources locales rapportent que des hommes armés ont tenté de pénétrer dans l'enceinte du camp, mais ont été repoussés par les forces de sécurité. Les échanges de tirs ont duré plusieurs heures, semant la panique parmi la population.
Dans le centre du pays, les villes de Mopti et de Sévaré ont également été la cible d'attaques. À Mopti, des hommes armés ont pris pour cible un poste de police et un marché, faisant plusieurs victimes civiles. Selon un habitant joint par téléphone, « les tirs ont commencé vers 5 heures du matin et ont duré jusqu'en milieu de matinée. On entendait des explosions de tous les côtés. »
Une coordination inédite
La coordination des attaques sur une zone aussi étendue est qualifiée d'« inédite » par les analystes sécuritaires. Elle rappelle les méthodes employées par les groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda ou à l'État islamique, actifs dans la région du Sahel. Depuis 2012, le Mali est confronté à une insurrection jihadiste qui s'est étendue au-delà de ses frontières, malgré la présence de forces internationales, dont la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA).
Les autorités maliennes n'ont pas encore officiellement commenté ces attaques, mais une source militaire a confirmé que « des opérations de ratissage sont en cours pour retrouver les assaillants ». Le gouvernement de transition, dirigé par le colonel Assimi Goïta, fait face à une pression sécuritaire croissante, alors que la France a annoncé le retrait de ses forces de l'opération Barkhane.
Un contexte de tension
Ces attaques surviennent dans un climat de forte tension au Mali, où la junte militaire au pouvoir depuis le coup d'État de 2020 a repoussé les élections prévues. La communauté internationale, notamment la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), a imposé des sanctions au Mali, aggravant la crise économique et sociale. Selon l'ONU, près de 8 millions de Maliens ont besoin d'aide humanitaire.
Les groupes jihadistes ont intensifié leurs attaques ces dernières semaines, profitant du vide sécuritaire laissé par le départ des troupes françaises. Le 21 juin, une attaque contre un convoi militaire près de Gao avait déjà fait plusieurs morts. Cette nouvelle série d'attaques coordonnées soulève des inquiétudes quant à la capacité des forces maliennes à assurer la sécurité sur l'ensemble du territoire.



