La canicule d'une violence inédite qui frappe la France depuis une semaine touche presque à sa fin. Selon Météo France, l'alerte rouge sera levée dimanche 28 juin 2026 à 22 heures sur l'ensemble du territoire, avec l'arrivée d'air plus frais par l'ouest et le nord-ouest, accompagné d'un risque d'orages parfois violents. Cependant, les hôpitaux, déjà sous tension, ne devraient pas désemplir.
37 départements encore en vigilance rouge samedi
Ce samedi 27 juin, 37 départements restent en vigilance rouge canicule, après 13 rétrogradations à 6 heures du matin, selon le dernier bulletin de Météo France. Le chiffre doit descendre à 24 le lendemain, avec l'Île-de-France et le Grand Est encore concernés par le niveau d'alerte maximal. La canicule se déplace vers le nord-est, où de nouveaux records de chaleur absolus ont été battus vendredi, notamment dans le Bas-Rhin qui a enregistré le premier 40 °C de son histoire. La Moselle a également battu un record avec 39,8 °C. Le mercure pourrait encore atteindre entre 40 et 42 °C samedi dans les départements en rouge, voire un peu plus ponctuellement.
Le système de santé sous tension
Le phénomène climatique a mis tout le système de santé sous tension : hôpitaux, médecins, services de secours. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a affirmé vendredi qu'elle s'attendait à des « décès » dans les jours à venir, se disant particulièrement préoccupée par la survenue de décès à domicile. « La pression hospitalière se prolongera plusieurs jours », a prévenu Matignon. L'Agence régionale de santé (ARS) d'Île-de-France a déclenché un « plan blanc » pour tous les hôpitaux de la région. Le directeur général de l'ARS a cité comme tensions justifiant ce dispositif la forte hausse des appels au 15 et une hausse de moitié des passages aux urgences des plus de 75 ans.
Le Dr Jérôme Cuny, responsable adjoint du SAMU du Nord, a indiqué à l'AFP que « la plupart des patients graves » admis depuis jeudi sont « jeunes », entre 30 et 50 ans. Selon Mathilde Pascal et Robin Lagarrigue, de Santé publique France, « quelques degrés en plus se traduisent par une augmentation très forte du risque de décès » et les canicules ont des « effets en cascade » sur la mortalité.
Événements annulés et mesures d'urgence
Pour préserver les systèmes de santé et de secours, plusieurs événements ont été annulés. La Marche des fiertés LGBT+, prévue à Paris et Lyon samedi, a été annulée, tout que les courses « We run » à Paris et le festival de musique Solidays, qui devait se tenir jusqu'à dimanche. Le Château de Chambord a également annulé trois jours de concerts avec Orelsan, Maroon 5 et DJ Snake. En revanche, le meeting international d'athlétisme de dimanche est maintenu au stade Charléty à Paris, dans un « format adapté ». Plusieurs villes, dont Paris, ont interdit la consommation et la vente d'alcool.
Une canicule européenne
La vague de chaleur s'étend vers l'est du continent et frappe plusieurs pays d'Europe. Au moins 193 millions d'habitants en Europe devraient connaître des températures supérieures à 35 °C samedi, selon les calculs de l'AFP. En Allemagne, environ 82 millions de personnes devraient connaître plus de 30 °C, dont 75 millions plus de 35 °C. En Hongrie, la quasi-totalité du pays devrait suffoquer sous plus de 35 °C, soit plus de 9 millions de personnes.
L'Institut météorologique danois a annoncé samedi avoir enregistré la température la plus élevée depuis le début des relevés en 1874 : « Avec 36,6 °C au nord d'Odense, nous avons connu la journée la plus chaude jamais enregistrée », a déclaré le service météorologique sur X. En Espagne, au moins 212 décès attribuables à cet épisode ont été recensés de dimanche à mercredi, contre 98 à la même période en 2025, selon l'Institut de santé Carlos III à Madrid.



