Fondation Prince Albert II : un bilan « extrêmement positif » pour ses 20 ans
Fondation Prince Albert II : un bilan « extrêmement positif »

À la veille du gala célébrant les 20 ans de la Fondation Prince Albert II (FPA2), son vice-président et administrateur délégué, Romain Ciarlet, dresse un bilan « extrêmement positif » : plus de 850 projets soutenus, un rôle de catalyseur unique entre secteurs public et privé, et des succès concrets comme l’adoption du traité BBNJ sur la haute mer.

Un bilan « extrêmement positif » et des chiffres clés

Interrogé par Nice-Matin, Romain Ciarlet, qui a pris ses fonctions de vice-président le 2 mars 2026 après avoir été directeur exécutif et secrétaire général depuis 2019, souligne d’abord l’ampleur du travail accompli : « Le bilan est extrêmement positif. D’abord du point de vue de la philanthropie, la Fondation a permis de débloquer des financements pour soutenir plus de 850 projets de natures très différentes : conservation, recherche, innovation, sensibilisation. »

Selon lui, « quand on les met bout à bout, l’impact est global et concret en faveur de la protection de l’environnement ». Il rappelle également la spécificité de la FPA2 : « être la seule fondation présidée par un chef d’État en exercice », ce qui confère au Souverain une « capacité unique de plaidoyer et de mobilisation » sur la scène internationale.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des succès majeurs : GIEC, traité BBNJ et zones prioritaires

Romain Ciarlet met en avant les avancées obtenues grâce à la fondation, notamment « la reconnaissance de l’océan comme un écosystème essentiel ». Il cite en exemple le rapport du GIEC sur l’océan et la cryosphère, que la fondation a contribué à faire émerger, et plus récemment « l’adoption et l’entrée en vigueur du traité BBNJ sur la haute mer, qui était une thématique prioritaire pour la fondation depuis de nombreuses années ».

La fondation reste fidèle à sa feuille de route originelle – climat, biodiversité, lutte contre la pollution et accès à l’eau – avec trois zones prioritaires : « la Méditerranée, les régions polaires et les pays les moins avancés ». Pas question d’élargir ses missions, mais « de cibler notre action sur des thématiques précises », précise le vice-président.

Un rôle de catalyseur et une communication positive

Romain Ciarlet insiste sur la nécessité de travailler en synergie : « Il faut être conscient que les ressources de la philanthropie sont beaucoup plus limitées que les ressources qu’on trouve dans le privé ou dans le public. […] Mais la philanthropie peut créer des passerelles entre différentes parties prenantes du public, du privé, de la société civile. » Dans un contexte « très difficile » pour les questions environnementales, « on ne peut pas travailler en silos ».

La fondation privilégie une communication positive, en soutenant l’innovation – « les solutions existent et sont d’ailleurs portées très souvent par des entreprises » – et en développant un angle artistique et culturel : « On essaie de se projeter dans des imaginaires où nous aurions réussi face aux grands enjeux du climat et de la biodiversité. »

Pour autant, il ne faut pas occulter la réalité : « le réchauffement climatique a été perçu pendant très longtemps comme une menace totalement invisible ». Aujourd’hui, « on voit qu’il y a une multiplication des événements climatiques extrêmes – canicules, incendies, ouragans, inondations – et ils ont un coût humain, un coût économique ».

Financements, greenwashing et soutien aux communautés autochtones

Interrogé sur les partenariats privés, Romain Ciarlet constate que « de plus en plus d’entreprises ont à cœur de limiter leur impact, et ce malgré le contexte politique ». Il assure que la fondation veille « rigoureusement à ce qu’il n’y ait pas de greenwashing, que ce soient réellement des engagements qui ont du sens et des résultats concrets ».

La FPA2 soutient aussi les petites structures, « qui ont souvent plus de mal à récolter des financements malgré la qualité de leurs projets », et les communautés autochtones, dont « le savoir ancestral dans la gestion des écosystèmes » est démontré scientifiquement. C’est dans cet esprit qu’a été lancée récemment l’Initiative Forêts et Communautés, destinée à débloquer des financements.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Enfin, la lutte contre la pollution plastique reste une priorité, avec l’initiative Beyond Plastic Med (BeMed), qui soutient des actions de la société civile sur tout le pourtour méditerranéen. Un Business Club, réunissant des entreprises comme Haribo ou Carrefour, sert de plateforme d’échange de bonnes pratiques. « Cela porte ses fruits avec des résultats très concrets », conclut Romain Ciarlet.