Le directeur du ZooParc de Beauval, Rodolphe Delord, a annoncé qu'il pourrait suspendre le projet d'accueil des quatre dauphins de Marineland, faute de soutien clair de l'État. Cette décision intervient alors que le parc aquatique d'Antibes s'apprête à fermer définitivement ses portes et que le transfert des cétacés vers la Sologne est de plus en plus contesté.
Un coût estimé à plusieurs millions d'euros
Selon les informations de Libération, le budget nécessaire pour adapter et agrandir le bassin de Beauval dépasse les trois millions d'euros. Un montant que le ZooParc, pourtant l'un des plus visités d'Europe, ne peut assumer seul. « Nous ne pouvons pas supporter seuls cette charge morale et financière », a déclaré Rodolphe Delord dans un communiqué transmis à la presse.
Le directeur estime que l'État doit participer activement à la réalisation de ce projet, non seulement pour les travaux mais aussi pour les soins vétérinaires et le suivi scientifique des dauphins pendant plusieurs années.
Un calendrier sous tension
Le projet était prévu pour être bouclé avant la fermeture officielle de Marineland, prévue à la fin de l'année. Les associations de protection animale multiplient les recours juridiques et les campagnes médiatiques contre le transfert, ce qui retarde les autorisations administratives.
« Plus le temps passe, plus la faisabilité technique devient compliquée », explique un porte-parole du ZooParc. Les experts en mammifères marins alertent également sur les risques liés au changement d'environnement pour des animaux habitués au bassin méditerranéen.
La demande d'un engagement écrit
Rodolphe Delord réclame aujourd'hui une lettre d'engagement ferme de la part du ministère de la Transition écologique, précisant le montant exact de l'aide publique et le calendrier de versement. Cette exigence fait suite à des discussions jugées « trop floues » avec les services de l'État.
Le député du Loir-et-Cher a également interpellé la ministre sur cette situation, estimant que Beauval ne doit pas être laissé seul face à un dossier aussi sensible.
Un projet déjà contesté
Les opposants au transfert pointent du doigt l'incohérence d'un projet qui consiste à maintenir des dauphins captifs alors que la loi française interdit désormais les spectacles de cétacés. Plusieurs ONG exigent que les quatre dauphins soient envoyés dans un sanctuaire marin, une solution jugée plus respectueuse.
De son côté, le ZooParc assure que les bassins de Beauval offriront des conditions supérieures aux normes actuelles, avec un volume d'eau multiplié par trois et un suivi médical permanent.
Si aucun accord n'est trouvé d'ici la fin du mois, le projet sera officiellement suspendu, ce qui laisserait les dauphins dans l'incertitude quant à leur sort.



