Climat : l'éco-anxiété ne remplace pas l'action, selon une militante
Climat : l'éco-anxiété ne remplace pas l'action

« Le gouvernement ferait mieux de lutter contre le changement climatique plutôt que de m’aider à gérer l’éco-anxiété », lance Clara, 24 ans, militante au sein du collectif Youth for Climate. Alors que l’exécutif a annoncé le lancement d’ateliers de soutien psychologique destinés aux jeunes souffrant d’éco-anxiété, elle y voit une manœuvre de diversion face à l’urgence climatique.

Une annonce qui suscite la controverse

Jeudi dernier, la ministre de la Transition écologique a présenté un plan de 5 millions d’euros pour financer des groupes de parole et des consultations avec des psychologues spécialisés. Objectif affiché : « accompagner les générations futures qui vivent une détresse face à l’avenir de la planète ». Mais pour Clara, cette initiative est un « cache-sexe » qui permet au gouvernement d’éviter de prendre des décisions ambitieuses.

« L’éco-anxiété est réelle, je la vis au quotidien, mais ce n’est pas en parlant de mes émotions que l’on réduira les émissions de gaz à effet de serre. Ce qu’il faut, c’est une loi climat contraignante, la fin des subventions aux énergies fossiles et une transition juste pour tous », ajoute-t-elle.

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Un phénomène en forte hausse

Selon une étude de l’Observatoire des vécus du climat publiée en 2023, 67 % des 18-30 ans se disent souvent ou très souvent anxieux à propos du changement climatique. Ce chiffre monte à 74 % chez les étudiants en sciences de l’environnement. Pourtant, seulement 12 % d’entre eux estiment que les politiques menées actuellement sont à la hauteur des enjeux.

« L’éco-anxiété n’est pas une pathologie individuelle, c’est une réaction saine face à une crise systémique. La solution n’est pas de soigner les symptômes, mais de traiter la cause », explique le docteur Martin Lefèvre, psychiatre spécialisé dans les troubles liés au climat. Il regrette que le gouvernement « préfère investir dans le coaching émotionnel plutôt que dans la transition écologique ».

Un détournement des fonds publics ?

Le plan gouvernemental prévoit également la formation de 1 000 professionnels de santé à l’éco-anxiété d’ici 2025. Un budget jugé disproportionné par plusieurs associations, alors que le financement des rénovations thermiques a été réduit de 400 millions d’euros dans le dernier budget.

« 5 millions pour des ateliers, c’est 5 millions qui ne sont pas investis dans l’isolation des logements, le développement des énergies renouvelables ou les transports en commun. C’est un choix politique », dénonce Clara. Elle appelle à une « désobéissance civile pacifique » pour exiger des actes.

Des initiatives citoyennes en parallèle

Face à l’inaction gouvernementale, de nombreux groupes locaux organisent leurs propres cercles de parole, mais aussi des actions de sensibilisation et des projets concrets. À Lyon, le collectif « Éco-anxiété solidaire » réunit une centaine de jeunes chaque mois pour partager leurs craintes et organiser des maraudes écologiques. « On ne veut pas qu’on nous prenne en charge, on veut agir. Et agir, ça fait du bien », confie Lila, cofondatrice.

Pour Clara, le message est clair : « La meilleure thérapie contre l’éco-anxiété, c’est l’action climatique. Arrêtez de nous parler de résilience et commencez à changer le système. »

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