Canicules à répétition : l'écoanxiété explose chez les jeunes
Canicules : l'écoanxiété des jeunes explose

Les épisodes de canicule se multiplient et avec eux, l'écoanxiété des jeunes Français atteint des sommets. Une étude de l'Ifop publiée ce dimanche 19 juillet révèle que 67% des 18-30 ans déclarent ressentir de la colère face à l'inaction climatique, un bond de 12 points par rapport à 2023. « J'ai l'impression qu'on est entrés dans une dystopie », témoigne Camille, 24 ans, interrogée par Le Monde.

Un sentiment de trahison générationnelle

Selon l'enquête réalisée auprès de 1 200 jeunes, 58% estiment que les générations précédentes ont « sacrifié leur avenir » pour des bénéfices économiques à court terme. Ce sentiment est particulièrement fort chez les 18-24 ans (63%). « On nous promet des solutions depuis des décennies, mais rien ne change », déplore Lucas, 22 ans, étudiant en sciences politiques.

L'étude montre également que 72% des jeunes considèrent que les canicules à répétition sont une conséquence directe du changement climatique, contre 54% en 2021. « Le lien est désormais évident pour une majorité », explique Jean-Daniel Lévy, directeur du département Opinion de l'Ifop.

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Des conséquences sur la santé mentale

L'écoanxiété n'est pas qu'une simple inquiétude : elle a des répercussions concrètes. 41% des jeunes interrogés déclarent avoir des troubles du sommeil liés au réchauffement climatique, et 28% disent ressentir de l'angoisse quotidiennement. « C'est une forme de stress chronique qui peut mener à l'épuisement », alerte la psychologue clinicienne Sarah Delannoy, spécialiste des questions environnementales.

Les chiffres sont en hausse par rapport à 2022, où 34% des jeunes signalaient des troubles du sommeil. « La répétition des événements extrêmes crée un sentiment d'urgence permanent », ajoute Sarah Delannoy.

Une colère qui se transforme en action

Face à cette situation, de nombreux jeunes se tournent vers l'action collective. 45% des sondés déclarent avoir participé à une manifestation pour le climat au cours des douze derniers mois, contre 32% en 2023. « La colère est un moteur puissant, mais elle doit être canalisée pour ne pas devenir destructrice », estime Nina, 26 ans, militante pour Greenpeace.

L'étude de l'Ifop souligne aussi que 39% des jeunes ont modifié leur mode de vie (alimentation, transport, consommation) en raison de leurs préoccupations climatiques. « On ne peut pas rester les bras croisés quand on voit les incendies, les inondations, les records de chaleur », explique Tom, 20 ans, qui a adopté un régime végétarien et utilise uniquement les transports en commun.

Un appel à la responsabilité politique

Pour 81% des 18-30 ans, les politiques climatiques actuelles sont insuffisantes. « On attend des actes, pas des discours », résume l'étude. Les jeunes réclament notamment des mesures contraignantes pour les entreprises polluantes (74%) et une accélération de la transition énergétique (68%).

« La jeunesse est en première ligne des impacts du changement climatique, mais elle est aussi la plus mobilisée pour y faire face », conclut Jean-Daniel Lévy. Un constat qui interpelle alors que la France connaît sa quatrième canicule de l'été, avec des températures dépassant les 40°C dans plusieurs régions.

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