La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a annoncé ce mercredi 15 juillet 2026 le lancement d'un « grand plan d'investissement pour la forêt française », en réponse aux incendies d'une ampleur exceptionnelle qui ont ravagé plusieurs massifs forestiers lors de la canicule et de la sécheresse. Présenté comme un levier essentiel pour renforcer la résilience des forêts face au changement climatique, ce plan vise également à préserver leur rôle de puits de carbone.
Un plan sans détails ni financement précis
« Je réunirai prochainement l'ensemble des acteurs de la forêt, ainsi que les entreprises et les financeurs, pour engager un grand plan d'investissement pour la forêt française », a déclaré Monique Barbut lors d'une conférence de presse au ministère, sans toutefois en préciser les détails ni les modalités de financement. Cette annonce intervient dans un contexte de multiplication des incendies, notamment dans les forêts de Fontainebleau et du Diois, qui ont mis en lumière « leur grande vulnérabilité face aux conséquences du changement climatique », selon la ministre.
Des incendies records et une capacité de stockage de CO2 en chute libre
La troisième période de fortes chaleurs en six semaines a provoqué de puissants incendies dans les Pyrénées-Orientales, la Drôme, le Lot, le Lot-et-Garonne, la Savoie, mais aussi dans des régions plus septentrionales comme l'Indre, la Loire-Atlantique, les Côtes-d'Armor et le Maine-et-Loire. À Fontainebleau, environ 800 pompiers restaient mobilisés mercredi pour éviter les reprises de feu, après un incendie qui a parcouru près de 2 000 hectares en deux jours.
Outre la destruction des forêts, les incendies émettent d'importantes quantités de CO2. Selon l'inventaire forestier national de l'IGN (Institut national de l'information géographique et forestière), la capacité annuelle de stockage de la forêt française a quasiment été divisée par deux en une dizaine d'années, passant de 63 à 39 millions de tonnes de CO2. « Pour atteindre la neutralité carbone, nous avons aussi besoin de préserver ces fabuleux puits de carbone que sont nos forêts, nos sols, nos zones humides et nos océans », a rappelé la ministre, soulignant que ces espaces sont également nécessaires pour renforcer la résilience face aux canicules, inondations et tempêtes.
Des acteurs locaux réclament une cellule nationale d'anticipation
La fédération Communes forestières France a exhorté l'État à être « à la hauteur de l'enjeu », appelant à la création d'une cellule nationale d'anticipation dédiée à la forêt et à la filière bois, déclinée dans les territoires. Cette annonce s'inscrit dans le cadre de la présentation de la troisième stratégie nationale bas carbone (SNBC-3), qui vise à atteindre la neutralité carbone en 2050.



