Au moins 124 défenseurs de l'environnement et des terres ont été tués dans le monde en 2025, selon le rapport annuel de l'ONG Global Witness publié ce mercredi 16 septembre 2026. La France réintègre ce sombre bilan pour la première fois en douze ans avec l'assassinat de Pierre Alessandri, agriculteur et syndicaliste corse, décédé le 17 mars 2025.
Un agriculteur corse assassiné sur son domaine
Le 17 mars 2025, dans la commune de Sarrola-Carcopino, en Corse-du-Sud, Pierre Alessandri a été assassiné sur son propre domaine. Cet agriculteur engagé portait la voix de son syndicat pour dénoncer fermement les fraudes et les détournements d'aides agricoles européennes sur l'île. Son engagement d'alerte lui a coûté la vie.
Cela faisait douze ans, depuis la mort du militant Rémi Fraisse en 2014, que la France n'avait pas été touchée par ce type de violence. Le cas de Pierre Alessandri rappelle l'émergence de menaces ciblées en Europe, alors que l'immense majorité des crimes recensés se déroule loin du continent.
L'Amérique latine, région la plus meurtrière
L'Amérique latine demeure la région la plus meurtrière de la planète, concentrant à elle seule 85 % des assassinats répertoriés en 2025. La Colombie arrive en tête des pays les plus dangereux avec 39 morts, suivie par le Brésil où l'on dénombre 26 victimes, un chiffre qui a doublé en un an, notamment dans les États amazoniens du Rondônia et du Pará.
Le Honduras et les Philippines enregistrent chacun 12 assassinats, alors que le Mexique en comptabilise 10. Dans plus de trois cas sur quatre, les victimes ne sont pas des militants d'ONG internationales, mais des autochtones, des petits paysans ou des Afro-descendants qui luttent pour leur survie face à l'accaparement des terres, à la déforestation illégale, aux mégaprojets miniers et au narcotrafic.
Une baisse des chiffres trompeuse
Le total de 124 homicides comptabilisé pour 2025 marque une baisse par rapport aux 146 victimes de 2024. Une inflexion que l'ONG invite à interpréter avec une extrême prudence. Depuis le début des recensements en 2012, 2 375 personnes ont perdu la vie pour avoir protégé leurs terres.
Selon Toby Hill, enquêteur principal chez Global Witness, cette baisse ne traduit en rien une amélioration du terrain : « Nos chiffres sous-estiment très probablement la réalité. Nous constatons un renforcement des politiques autoritaires et une diversification des stratégies de répression », alerte-t-il.



