Plus de 230 jours en orbite, trois sorties extra-véhiculaires, plus de 200 expériences scientifiques : la mission Epsilon de Sophie Adenot s'achève avec un bilan record. L'astronaute française détient désormais le record européen de la plus longue mission dans l'espace, dépassant les 201 jours de l'Italien Luca Parmitano en 2019-2020. Son retour sur Terre est prévu au plus tôt jeudi, après un amerrissage au large de la côte ouest des États-Unis.
Une mission record pour l'Europe
Sophie Adenot s'est envolée le 13 février à bord d'une capsule Dragon de SpaceX depuis Cap Canaveral (États-Unis), accompagnée des Américains Jessica Meir et Jack Hathaway et du Russe Andreï Fediaïev. Elle est devenue la deuxième Française de l'histoire à rejoindre l'orbite terrestre.
Son vol retour, initialement programmé mi-septembre par la Nasa, a été retardé en raison d'une fuite détectée sur le vaisseau chargé de transporter le Crew-13 devant assurer sa relève. Le nouvel équipage a finalement rejoint l'ISS vendredi, et après un passage de relais de quelques jours, Sophie Adenot et ses coéquipiers devraient amerrir au plus tôt jeudi.
Trois sorties spatiales historiques
Sophie Adenot a été la première femme française à s'aventurer dans le vide spatial, lors de trois sorties extra-véhiculaires réalisées les 18, 25 août et 1er septembre, pour une durée totale de 19 heures et 42 minutes. La troisième sortie, effectuée en duo 100% féminin avec Jessica Meir, était placée sous son commandement.
« J'espérais effectuer quelques sorties extra-véhiculaires, mais je ne m'attendais pas à trois d'affilée, et ce, en l'espace de 15 jours. Ça a été une expérience extraordinaire », a-t-elle confié, comparant la sortie de la station à la sensation « d'ouvrir la portière d'une voiture et de se retrouver les pieds au bord d'une falaise ».
Ces sorties n'ont pas été sans difficultés. Lors de la première, Sophie Adenot et son coéquipier Anil Menon ont peiné à venir à bout de boulons récalcitrants pour remplacer une antenne défectueuse. L'astronaute française a également connu quelques inquiétudes avec sa combinaison, gênée par l'articulation de l'épaule gauche de son scaphandre.
Un anniversaire et des effets du vieillissement
Sophie Adenot a soufflé ses 44 bougies à 400 kilomètres au-dessus de la Terre le 5 juillet, fêtant son anniversaire avec les autres membres de l'équipage autour d'un gâteau réalisé par les astronautes russes à base de pain au miel, yaourt, lait sucré, baies réhydratées et pignons de pin.
Dans l'espace, où le corps vieillit en accéléré, elle a confié avoir davantage perçu le passage du temps : « J'ai plus de cheveux blancs. Je sens que je perds ma souplesse. Il y a la vue qui baisse aussi (...) j'ai besoin d'utiliser des lunettes maintenant », a-t-elle raconté au Parisien.
Une notoriété croissante sur les réseaux sociaux
En huit mois dans l'espace, Sophie Adenot a vu sa notoriété grimper en flèche, avec 575.000 followers sur Instagram, même si elle reste encore loin de Thomas Pesquet et ses 2,4 millions d'abonnés. Elle a posté plus de 230 cartes postales de ses aventures en orbite : time-lapse de ses expériences, coulisses de la vie à bord, messages d'encouragements aux cyclistes du Tour de France, photos prises depuis la Cupola, la grande coupole d'observation de l'ISS.
Sa marque de fabrique ? Ses séances de « science du dimanche matin », des démonstrations pédagogiques pour répondre à des questions aussi variées que « comment se peser en microgravité ? », « comment l'ISS garde-t-elle son orientation ? » ou « comment serrer des boulons dans l'espace ? »
Plus de 200 expériences scientifiques
L'objectif numéro 1 de la mission Epsilon était de mener des expériences scientifiques à bord de l'ISS. Biologie, physique de matériaux, physiologie... Sophie Adenot en a réalisé plus de 200 pour préparer les prochaines missions spatiales et faire avancer la science sur Terre.
Parmi elles, effectuer des échographies en autonomie, explorer comment des grains de poussière peuvent s'assembler pour former les premiers blocs de construction des planètes, étudier des bactéries résistantes aux antibiotiques, mais aussi cultiver des plants de luzerne ou cuisiner du houmous et du caviar d'aubergines.