Lyon : une première crèche municipale en plein air ouvre ses portes
Lyon : une première crèche municipale en plein air

Depuis le 15 juin dernier, le quartier Champvert de Lyon accueille la première crèche municipale en plein air de la ville. Située rue Jeanne-Barret, cette structure de 700 m² répartis sur deux jardins propose aux enfants âgés de 15 mois à 3 ans de vivre leur journée au contact de la nature. Les vingt places, pour huit professionnelles, ont été attribuées à des habitants du 5e arrondissement.

Une journée type rythmée par l'extérieur

Ce mercredi matin, une partie du groupe est « en sortie boulangerie », tandis que l'autre est éparpillée aux quatre coins des deux jardins. Certains s'amusent avec une mini-cuisine d'extérieur, transvasent de l'eau d'une construction en bois ou observent les insectes. « Moi, ce que je préfère, c'est la loupe pour regarder les vers de terre », s'exclame Oliver, tout fier, montrant l'objet dans sa main. Puis, en lâchant son activité préférée, il se met à courir jusqu'à un autre espace où est entreposé du mobilier en bois. Pieds nus, il décide désormais de « construire une maison », aidé de son assistant, Clément.

« Les journées ressemblent principalement à ça : l'accueil sous le préau, une chanson de bienvenue, des activités en extérieur, le repas, la sieste, d'autres activités dehors, puis l'arrivée des parents », résume la directrice Clémence Nayrand. En cas de météo extrême, températures très basses (-5 °C), très élevées (+35 °C) ou vents violents, une salle de repli de 28 m² est à la disposition de l'équipe. « La porte reste ouverte pour que les enfants se sentent libres d'y aller s'ils souhaitent un moment de temps calme », poursuit-elle.

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Des équipements pensés pour l'hiver

Avec l'enchaînement des canicules cet été, les après-midi se sont surtout passées à l'intérieur. « Heureusement le matin, on a pu profiter de nos grands arbres », s'exclame la directrice, dont l'établissement est resté ouvert. Les locaux abritent également un préau d'une cinquantaine de mètres carrés, assez vaste pour y loger les petits en cas de pluie pour la sieste.

Car sinon, les enfants passent leur temps dehors. L'établissement a en réserve des bottes, k-way, et fournira également des « combinaisons » pour l'hiver. « On a aussi des gros sacs de couchage de montagne pour les siestes », indique encore Clémence Nayrand. Dormir dehors ? Pas un souci pour les petits qui ont réussi le test « dès le premier jour », assure la directrice. D'ailleurs, ils aident volontiers à installer leur lit barquette pour le placer dans leur coin favori, sous le mûrier.

Des bienfaits inspirés des pays nordiques

« On s'est inspiré des façons de faire des pays nordiques qui ont prouvé scientifiquement que le sommeil diurne à l'extérieur est de très bonne qualité. Il permet aussi de mieux apprendre le rythme jour-nuit », affirme la directrice. Quant aux a priori sur les maladies, elle balaie : « On tombe moins malade quand on a son système immunitaire renforcé par le temps passé dehors, et il y a aussi moins de virus qui se propagent en collectivité. »

Les parents savent toutes ces conditions. « Et on est là pour répondre à leurs interrogations. Mais en voyant comment leurs enfants sont sereins depuis le début de cette expérience, ils sont aussi satisfaits », poursuit Clémence Nayrand. Et d'expliquer : « L'idée, c'est de proposer aux familles un modèle différent de celui qu'on connaît des crèches en France. Et de leur montrer que la santé des enfants, leur épanouissement et leur bien-être passent aussi par leur temps passé dehors, proche de la nature, et tout ce qu'ils peuvent vivre en extérieur. »

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Un fonctionnement classique et des places prisées

Le fonctionnement reste classique. « L'admission dépend d'une préinscription en mairie et de la validation de la demande par une commission d'attribution », précise-t-elle. Les vingt places ont donc déjà été prises par des habitants du 5e arrondissement, même avant l'ouverture. Dans le jardin, ce matin-là, les enfants ont d'autres priorités. « Le loup ! Le loup ! Le loup ! » Regroupés dans la « roulotte », les jeunes enfants ont repéré l'animatrice, cachée derrière un arbre. Si dans ce cas, des cris peuvent s'entendre, Justine, qui encadre également les petits, assure : « En étant en extérieur, chacun à plus d'espace, il y a moins de pleurs et surtout, ça ne résonne pas. » Un modèle apprécié et validé par tout le monde, donc.