Louis Bertignac : « La scène est un super médicament » à 72 ans
Louis Bertignac : « La scène est un super médicament » à 72 ans

Ce mardi 21 juillet, la place Clemenceau d’Hyères a rassemblé 5000 personnes venues assister au concert gratuit de Louis Bertignac. L’ancien guitariste de Téléphone, 72 ans, s’est présenté sans artifice : cheveux grisonnants, œil rieur, sourire solidement arrimé. Avant de monter sur scène, il a accordé un entretien à Var-matin, évoquant sa carrière, sa rigueur et le temps qui passe.

La scène, une cure de jouvence

Interrogé sur l’intensité de ses concerts malgré l’âge, Bertignac répond : « Ouais, c’est ça, exactement. Je peux être comme un chien la veille, je peux avoir mal partout... J’ai 72 ans quand même, je suis un peu vieux quoi, je peux ressentir des douleurs mais quand je suis sur scène, je ne ressens absolument aucune douleur, jamais. Je suis déjà monté malade, le Covid à fond, et puis sur la scène tout va bien. C’est un super médicament. » Il ajoute : « Honnêtement je m’amuse beaucoup, il n’y a rien de difficile là-dedans, c’est peut-être les moments les plus faciles de ma vie. »

Pas de lassitude pour les classiques

À propos de « Cendrillon », tube de Téléphone, il affirme ne ressentir ni routine ni lassitude : « Non non, pas plus qu’un autre morceau. Je suis sur scène, je suis le spectacle, je m’occupe de bien faire mon boulot. Que ce soit Cendrillon, Ça (c’est vraiment toi) ou Un autre monde, ou Vas-y guitare, c’est pareil, j’essaie de faire le mieux que je peux et en espérant que ça va plaire aux gens. » Il insiste sur la concentration : « Le truc c’est d’être concentré dans ce qu’on fait. »

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Sa guitare fétiche et ses proches

Sa Gibson Les Paul Junior 59 l’accompagne partout : « J’en sais rien ! C’est plus une histoire d’habitude. Je ne sais même pas si elle sonne mieux que les autres, mais j’ai tellement l’habitude d’elle que, quand je monte sur scène, c’est elle, ce n’est pas une autre. » Il confie : « J’ai quelques personnes dans ma vie qui comptent : ma femme, mes enfants, ma guitare et les amis ! »

Le sens du riff et l’inspiration

Sur l’origine de ses mélodies, il explique : « Il peut y avoir un riff qui m’arrive d’un coup. J’ai toujours de la musique dans la tête, c’est un problème. Dans une discussion, je ne suis pas toujours présent parce qu’il y a toujours des trucs qui tournent dans ma tête... Parfois je prends mon téléphone et je chante le riff, et dès que je me retrouve avec une guitare dans les mains je l’essaie, si ça marche bien, je l’enregistre. »

Rock face au rap et à l’électro

Questionné sur le déclin des ventes de rock au profit du rap et de l’électro, il reste serein : « Bah... ça ne change pas grand-chose à ma vie. Je monte sur scène pareil, il y a des gens, je m’éclate. Ça ne veut pas dire que je vais m’intéresser au rap. Pas plus que le disco à l’époque ou la techno plus tard quoi ! J’aime le rock, c’est ma musique. Et puis le rock n’a jamais été au top en France, quand j’ai commencé, c’était la variété qui dominait. »

Un album en préparation pour le printemps 2027

Bertignac révèle qu’il prépare un nouvel album : « Ouais, il y a un album en préparation, je suis en plein dedans ! Je me calme un peu sur les concerts, parce qu’il faut que j’aie le temps de bosser les nouveaux morceaux. [Lundi] j’étais en train de bosser sur une chanson. » La sortie est « prévue au printemps prochain, sauf si je n’ai pas le temps », plaisante-t-il.

Les Insus : une page tournée

Quant à une éventuelle reformation des Insus, il est catégorique : « Ah ouais, ouais. J’aime bien les mecs avec qui je joue aujourd’hui, c’est les meilleurs. Les Insus, c’est bien de l’avoir fait et ça reste mes copains hein. On s’appelle, on s’envoie des conneries, mais c’est comme un vieux couple : on a essayé, on l’a refait une fois, c’était très sympa mais on ne va pas refaire le coup tous les 10 ans, c’est très bien comme ça. »

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Regard sur une vie dédiée à la musique

Avec le recul, il se dit « très reconnaissant envers la vie. J’ai fait de mon mieux comme toujours, mais j’ai eu de la chance de rencontrer les gens au bon moment. J’ai beaucoup bossé. Quand on a 6 ans on te demande « Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? », je disais « Je veux être cosmonaute » ou « pompier », mais en fait j’avais envie de continuer à jouer. Je disais « Je voudrais jouer ». Et puis tout le monde me disait « Mais c’est pas un métier, ça ! »... Et puis ça fait 72 ans que je joue. »

Des périodes sombres évoquées dans ses chansons

À propos de titres comme « Crack Pas », il confie : « Je l’ai déjà évoqué mais c’était dans les moments d’oisiveté. Dès qu’il le fallait, j’arrêtais pour travailler. En live, je n’ai jamais pris ça, je ne pourrais pas assurer, je n’ai jamais osé essayer... Heureusement que je partais en tournée. Dès le début de la tournée avec Téléphone à l’époque, je disais « Jamais je retomberai là-dedans, jamais ! ». Et à chaque fois que la tournée se terminait, j’arrivais à Paris, je tenais une journée ou deux et j’allais voir des potes qui étaient tous dedans... Je retombais en me disant que c’était de la connerie. Tout ça, c’est du passé. »