La municipalité de La Grande-Motte a présenté, mardi 30 juin, un nouveau plan d'action contre la prolifération des moustiques, notamment du moustique tigre. Le maire Stéphan Rossignol a déploré « des semaines de nuisances exceptionnelles qui ont gâché le quotidien des résidents et terni l’image de la station balnéaire ». Il a rappelé que l'invasion a suivi un automne et un hiver très pluvieux, créant des conditions favorables à l'éclosion massive des larves.
Un partenariat avec Rentokil pour une approche complémentaire
Face aux limites des pulvérisations d'insecticides – l'EID (Entente Interdépartementale de Démoustication) n'utilise plus que deux molécules autorisées par l'UE, avec des résistances déjà observées – la ville a contractualisé un partenariat avec la société Rentokil pour expérimenter un dispositif complémentaire sur six mois. Le budget alloué est estimé entre 25 000 et 30 000 euros.
Cathia Mari, responsable nationale de la lutte anti-moustique chez Rentokil, a détaillé les mesures. Elle a rappelé que « 80 % des gîtes larvaires de moustiques tigre se trouvent sur le domaine privé (jardins, balcons), les 20 % restant dans le domaine public, là où nous agissons ».
Des dispositifs variés sur le terrain
Un traitement larvicide par une bactérie naturelle (BTI), sans danger pour l'homme et les animaux, sera effectué tous les deux mois au cimetière et dans des zones définies. Soixante-dix pièges pondoirs BG-GAT ont été installés dans la ville pour surveiller l'activité des femelles. Les citoyens ne doivent ni toucher ni déplacer ces dispositifs, contrôlés et entretenus tous les 15 jours. Une borne CO2, Vectrack, qui simule la respiration humaine, a été installée sur le golf. Lors d'événements festifs avec forte affluence, un traitement spatial à base de répulsif (et non d'insecticide) sera effectué dans un cadre réglementé.
Signalement citoyen et données mensuelles
Les données seront complétées par un signalement citoyen via un QR code sur le site internet de la ville. Tous les mois, les chiffres des relevés seront communiqués. Le maire Stéphan Rossignol a expliqué que le moustique est un vecteur de maladies graves (dengue, chikungunya). L'année 2025 a été une année record en France, et l'Hérault est particulièrement exposé. La mobilisation de chacun pour éliminer les eaux stagnantes est essentielle. Des gestes simples sont recommandés : porter des vêtements clairs et amples, utiliser des ventilateurs ou installer des moustiquaires.
Vers une cohabitation intelligente
Cette nouvelle stratégie, qui combine responsabilité collective et innovation, marque un changement. Il ne s'agit plus de déclarer la guerre au moustique, mais d'apprendre à cohabiter intelligemment avec lui pour que les soirées d'été sur le littoral retrouvent leur sérénité. Un premier bilan de l'expérimentation sera dressé dans six mois pour ajuster le dispositif futur.



