Le Festival international de mode, de photographie et d’accessoires d’Hyères entame sa 41e édition du 15 au 18 octobre avec une ambition affirmée : rapprocher la création du grand public. Sous la nouvelle direction d’Hugo Lucchino et Magalie Guérin, l’événement change de lieu pour son défilé, élargit ses tarifs accessibles et met en avant trois présidentes de jury, dont Chemena Kamali, directrice artistique de Chloé.
Une ouverture vers le public et la ville
Après la fin de l’ère Jean-Pierre Blanc, le festival poursuit sa transformation. Les conférences, qui avaient été déplacées sur le parvis de la Villa Noailles l’an dernier, seront de nouveau proposées en plein air, accompagnées de tables rondes et d’ateliers. La médiation s’étoffe avec des ateliers textiles et bijoux, des visites menées par des artistes, des parcours pour le jeune public et des visites sensorielles. Certaines pièces pourront être touchées lors de visites adaptées aux personnes déficientes visuelles.
Le photographe Gabriel Mrabi, lauréat du prix photographie l’an dernier, proposera une visite de la Villa à travers son regard, avant de photographier les participants. Cette ouverture se traduit aussi dans les tarifs : le nombre de places pour le défilé accessible au grand public a été doublé, et celui réservé aux étudiants a augmenté de 30 %. Les habitants de la métropole bénéficient systématiquement d’un tarif réduit, et la cérémonie d’ouverture sera gratuite et ouverte à tous.
Un défilé au Forum du Casino
Symbole de cette volonté d’ancrage dans la ville, le défilé quitte la Villa Noailles pour le Forum du Casino, mis à disposition par la municipalité. Plus central et proche de la vieille ville, ce lieu doit permettre aux festivaliers de circuler plus facilement entre la Villa et le reste de la cité. Cette année, le festival renoue avec une publication, mais sous une forme inédite : un magazine conçu comme un prolongement des expositions.
« On a vraiment montré les coulisses, ce qui fait la genèse d’un projet », explique Magalie Guérin. Les 30 finalistes des trois catégories, ainsi que les lauréats de l’an passé, exposeront à la Villa durant les quatre jours, et leurs créations resteront visibles pendant quatre mois et demi.
Trois présidentes de jury, un signal fort
Parmi les nouveautés, les trois jurys seront présidés par des femmes : Chemena Kamali pour la mode, Cecilie Bahnsen pour les accessoires, et Camille Vivier pour la photographie. « C’est un signal envoyé à l’industrie de la mode, aux écoles, aux étudiants… Avec nos missions de service public, c’est un devoir d’être prescripteur sur les évolutions de l’industrie et d’envoyer des signaux, à notre niveau, pour mettre en valeur des femmes puissantes, des personnalités créatives qui peuvent à leur tour servir de modèles à la jeune génération », déclare Hugo Lucchino.
Magalie Guérin précise que ces choix reposent d’abord sur les compétences : « Le premier critère, c’est évidemment leur talent, leur capacité créative et leur leadership. Et puis, il y a aussi une histoire avec Camille Vivier, qui avait participé au concours et en avait été lauréate en 1997. Elle boucle la boucle. » Elle ajoute : « Elles ont aussi été choisies pour leur capacité à exercer un management bienveillant. On tient à faire de même au sein de nos équipes, en respectant toujours les travailleuses et les travailleurs. »
Autre ancien lauréat de retour : Sébastien Meunier, récompensé en 1998, qui filmera dans plusieurs lieux de la ville et présentera sa collection, avec des performances en ouverture. Le festival affiche une nouvelle philosophie : montrer les œuvres, mais aussi les parcours, les doutes et le travail qui les précèdent. Le pass un jour est à 8 euros (5 euros pour les résidents TPM), et le programme complet est disponible sur le site de la Villa Noailles.