Diana, une croisée staff de neuf ans, a passé huit ans de sa vie dans un box du refuge ASA06, à Nice. Son seul tort ? Ne pas supporter ses congénères. Ce tempérament de feu a découragé les adoptants successifs. « Elle a pris un coup de vieux cette année, vraiment », confie Cecilia Fruleux, responsable de la structure qui accueille une cinquantaine de chiens et une centaine de chats. Comme Diana, de nombreux animaux âgés voient le temps suspendu dans leur box, pénalisés par leur gabarit ou la couleur de leur pelage, jugée trop commune.
Les freins à l'adoption : peur de la mort et frais vétérinaires
Au-delà des critères esthétiques, deux freins majeurs bloquent les adoptants : la peur de voir mourir l'animal et l'angoisse des frais vétérinaires. « J'entends que les gens puissent penser à la peine de perdre un animal et au fait qu'ils n'en profiteront pas longtemps s'il est vieux. Mais finalement, ce qui fait le plus de peine, c'est qu'ils meurent ici ! », déplore Cecilia Fruleux. Elle comprend davantage les craintes financières, mais rappelle qu'un animal âgé n'est pas forcément synonyme de ruine : un chiot peut développer de lourdes pathologies, tandis qu'un chien senior peut vivre paisiblement ses dernières années.
Des frais vétérinaires élevés pour tous les animaux
Les frais vétérinaires de l'association s'élèvent à près de 10 000 euros par mois, tous animaux confondus. Ce budget englobe examens, scanners, prises de sang et chirurgies pour les bêtes accidentées sur la voie publique ou les nouveaux arrivants, et pas uniquement les seniors. La nourriture représente environ 3 500 euros toutes les trois semaines.
Le parrainage comme solution solidaire
Si les grandes fédérations nationales proposent des « paniers retraite » pour financer les soins des animaux âgés adoptés, ASA06, petite structure locale, n'en a pas les moyens. « Nous n'avons malheureusement pas les moyens de faire ça », confie Cecilia Fruleux. Le refuge doit donc innover. L'idéal pour elle ? Associer des parrains dotés de moyens financiers à des familles d'accueil ayant de l'espace mais peu de ressources. Cette formule a déjà fonctionné une fois : une donatrice extérieure a proposé de régler l'intégralité des frais vétérinaires et du quotidien d'une chienne pour lui éviter un énième transfert. « Ça se passe très bien, mais ça reste une exception pour l'instant », souligne la responsable.
Le parrainage classique, un levier d'espoir
Pour l'heure, le parrainage « classique » reste le levier le plus accessible, à partir de 20 euros par mois. Ce soutien financier aide à couvrir les factures de nourriture. Au-delà de l'aspect financier, le parrainage permet d'apporter de la douceur au quotidien : les parrains peuvent venir rendre visite ou promener leur filleul. Aujourd'hui, seule une dizaine d'animaux bénéficient de ce dispositif à l'ASA06. Un chiffre timide que le refuge espère voir grandir, pour que Brasco, Diana et tous les autres puissent finir leur vie entourés de chaleur humaine.



