Narcobanditisme : 30 ans requis contre Christopher Aouni à Perpignan
Narcobanditisme : 30 ans requis contre Christopher Aouni

La cour d'assises spéciale des Bouches-du-Rhône a condamné vendredi 18 septembre Christopher Aouni, 41 ans, à trente ans de réclusion criminelle pour une tentative d'assassinat en bande organisée commise en mai 2020 à Perpignan. Figure du narcobanditisme marseillais, il a toujours clamé son innocence et réclamait son acquittement. Cette peine intervient dix mois après une précédente condamnation à trente ans de réclusion pour un double assassinat à Marseille.

Une tentative d'assassinat liée au contrôle d'un point de deal

Selon l'accusation, Christopher Aouni avait été recruté par une équipe de malfaiteurs pour un coup de force contre un clan adverse, avec comme enjeu le contrôle du « four de Bétriu », un point de deal d'une cité perpignanaise dégageant un chiffre d'affaires quotidien entre 30 000 et 50 000 euros. L'accusation avait requis cette peine, estimant que le Marseillais avait participé à la tentative d'assassinat contre un membre du clan rival.

La même peine de trente ans a été prononcée contre Aldo Buonocore et Hakim Djidel. Le premier aurait participé à la tentative d'assassinat aux côtés de Christopher Aouni, tandis que le second est présenté comme le commanditaire des coups de feu tirés sur le véhicule d'un membre du clan rival. À l'étranger au moment des faits, Hakim Djidel n'a jamais été entendu, et la cour a confirmé un mandat d'arrêt à son encontre.

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Des peines allant de huit à vingt-huit ans pour les complices

Quatre autres accusés ont été condamnés pour complicité de tentative d'assassinat à des peines allant de huit ans de prison à vingt-huit années de réclusion criminelle. Un autre accusé, jugé uniquement pour association de malfaiteurs, a été acquitté.

Pour Christopher Aouni, ce verdict intervient dix mois après une précédente condamnation à trente ans de réclusion criminelle, prononcée par la cour d'assises des Bouches-du-Rhône pour un double assassinat commis en février 2016 à Marseille dans un contexte de guerre des clans. Il a fait appel de cette décision.

D'autres procédures judiciaires en attente

Christopher Aouni doit comparaître fin octobre devant la cour d'assises spéciale de Paris, soupçonné d'avoir pris part à l'assassinat en mars 2020 d'un trafiquant à Garges-lès-Gonesse (Val-d'Oise). Il sera également jugé prochainement pour l'exécution d'un membre de l'équipe dite « de Marignane », avec laquelle il avait rompu. Cet assassinat, qu'il conteste également, avait eu lieu en septembre 2018 devant l'hôpital de Martigues (Bouches-du-Rhône), où la victime accompagnait son épouse pour accoucher.

En février 2024, la cour d'assises d'appel du Var l'avait acquitté d'un assassinat perpétré dans une cité marseillaise en mars 2018. Ces nouvelles condamnations et procédures en cours illustrent la multiplication des affaires de narcobanditisme dans le sud de la France, où les autorités tentent de démanteler les réseaux de trafic de drogue.

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