Érosion côtière : le gouvernement ignore la création d'un fonds pérenne dans le budget 2026
Érosion côtière : pas de fonds dans le budget 2026

Érosion côtière : le gouvernement ignore la création d'un fonds pérenne dans le budget 2026

Le projet de loi de finances pour l'année 2026 ne prévoit aucun amendement visant à établir un fonds durable consacré à la lutte contre l'érosion côtière. Cette omission suscite une vive réaction de la part de Sophie Panonacle, députée Renaissance du bassin d'Arcachon et présidente du Comité national du trait de côte (CNTC). Elle exhorte le gouvernement à prendre enfin en considération ce phénomène qu'elle qualifie de « prévisible et inéluctable ».

Une proposition de financement innovante

Face à cette absence de mesures budgétaires, Sophie Panonacle réitère sa proposition : imposer une contribution aux plateformes de location touristique de courte durée, comme Airbnb, à hauteur de 1 % de leur chiffre d'affaires. Selon ses estimations, cette mesure générerait environ 200 millions d'euros par an, sans affecter le déficit de l'État. « Nous espérions un geste du gouvernement dans le cadre du vote du budget avec le 49.3. Mais nos propositions n'ont pas été retenues. C'est une grosse déception », déclare-t-elle.

Les collectivités locales en première ligne

Le CNTC souhaite créer un fonds de solidarité pour accompagner les collectivités confrontées à l'érosion côtière. « Les élus locaux sont démunis, l'État est aux abonnés absents », déplore Sophie Panonacle. Elle souligne que le Fonds vert, évoqué par le ministre de l'Écologie Mathieu Lefèvre, n'est pas exclusivement réservé au financement des stratégies d'adaptation des régions côtières. Le comité a envoyé une motion au gouvernement avant les élections municipales et prévoit des rencontres avec les cabinets de Sébastien Lecornu (Premier ministre) et David Amiel (Comptes publics).

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Un enjeu économique et environnemental majeur

Les conséquences de l'érosion côtière sont tangibles : d'ici 2028, environ 1 000 bâtiments résidentiels et commerciaux pourraient être impactés, représentant une valeur de 240 millions d'euros. Le fonds proposé ne pourrait pas tout couvrir, mais il permettrait de soutenir durablement les collectivités dans le cadre de projets partenariaux d'aménagement (PPA). À long terme, il financerait des initiatives de renaturation, de protection ou de relocalisation. « Il ne s'agit pas de monter des murs de protection partout. Les stratégies doivent être cohérentes », insiste la députée.

L'urgence climatique en toile de fond

Sophie Panonacle rappelle que l'érosion côtière n'est pas encore considérée comme un risque naturel majeur, alors que les scientifiques alertent sur l'imbrication croissante des phénomènes de submersion marine et d'érosion. Le niveau moyen de la mer s'élève à un rythme accéléré, avec une hausse estimée à environ 20 centimètres depuis 1900, et une projection comprise entre +45 et +90 centimètres d'ici 2100. « Le rouleau compresseur du changement climatique est en marche », conclut-elle, citant l'exemple de Biscarrosse, où la promenade de la plage centrale s'est effondrée dans l'océan.

Face à cette urgence, la priorité doit être accordée aux infrastructures publiques et aux activités économiques, tandis que la question des biens des particuliers reste à traiter séparément. La future loi de décentralisation pourrait offrir une nouvelle opportunité pour avancer sur ce dossier crucial.

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