Une fin de mandat chargée d'émotion pour l'édile bordelais
Ce vendredi 27 mars a marqué la dernière journée de Pierre Hurmic en tant que maire de Bordeaux. Avant de céder son fauteuil à Thomas Cazenave, le vainqueur du second tour avec 50,95% des voix contre 49,05% pour Hurmic, l'édile sortant a vécu des moments intenses, partagé entre tristesse et dignité.
Des adieux poignants à l'hôtel de ville
Visiblement encore très touché par sa défaite électorale survenue cinq jours plus tôt, Pierre Hurmic a livré ses premiers mots publics à la presse en fin de matinée. Vêtu de sa chemise blanche et veste bleu marine habituelles, mais sans le pin's de la ville de Bordeaux à son revers gauche, il a symboliquement tourné la page de six années de mandature.
« Je l'ai enlevé en quittant ma fonction de maire de Bordeaux », a-t-il simplement déclaré, marquant ainsi la fin de son engagement municipal.
Une ovation méritée pour six ans de service
Quelques minutes plus tard, après un dernier moment dans son bureau avec ses proches collaborateurs, Pierre Hurmic a descendu le grand escalier de l'hôtel de ville. De nombreux agents municipaux, collaborateurs et anciens colistiers s'étaient rassemblés pour lui rendre hommage.
Une longue ovation a salué son passage, ponctuée de « mercis Pierre » et de « bravos ». Les yeux rougis mais arborant un sourire, la main sur le cœur, l'ancien maire a savouré ces instants d'adieu. Avant de quitter les lieux, il a adapté une phrase de Marc Bloch : « Nul, de Bordeaux, ne saura déraciner mon cœur. »
Un testament politique engagé pour l'écologie
Dans son court et dernier discours en tant que maire, Pierre Hurmic a dressé le bilan de son action politique, marquée par trente années d'engagement. Il a particulièrement insisté sur les valeurs écologistes qui ont guidé sa mandature.
Un engagement climatique affirmé jusqu'au bout
« J'ai été un maire impulseur, qui a lancé des politiques dans cette ville, dans les quartiers », a-t-il déclaré. « Toutes les décisions ont été prises à l'aune de l'urgence climatique. S'adapter au nouveau contexte est une obligation, je n'ose pas croire que Bordeaux y tournera le dos. »
Pierre Hurmic s'est présenté comme un futur « citoyen engagé et vigilant », promettant de veiller à ce que la ville « ne se ridiculise pas en retournant en arrière » sur les questions environnementales.
Une transition politique annoncée
Concernant son avenir immédiat, l'ancien maire a confirmé qu'il siégerait « très provisoirement » au conseil municipal dans l'opposition écologiste et de gauche. Cependant, il a précisé qu'il n'avait « pas encore pris date pour démissionner », estimant pouvoir être « plus utile à sa ville ailleurs que dans ce conseil municipal ».
Lorsqu'il quittera définitivement ses fonctions municipales, il devrait être remplacé par Marc Etcheverry, ancien adjoint à la sécurité et premier non-élu de la liste Bordeaux en confiance.
Un message à ses successeurs
Pierre Hurmic n'a pas pu s'empêcher de lancer une dernière pique à son successeur Thomas Cazenave : « Qu'il se démacronise, comme j'ai été un maire émancipé des appareils politiques parisiens. »
Il a également adressé un mot d'encouragement à ses quinze futurs ex-colistiers qui resteront dans l'opposition : « Ce n'est pas facile, mais ils ont les qualités nécessaires pour être des opposants déterminés, solides et optimistes. Et je leur rappellerai que les soirs de défaite sont souvent les veilles de victoires. »
Absent de la photo officielle après le conseil municipal, Pierre Hurmic avait déjà symboliquement pris ses distances, tournant définitivement la page sur six années à la tête de la ville de Bordeaux.



