Loup : le gouvernement assouplit les tirs et relève le plafond d'abattage
Loup : assouplissement des tirs et hausse du plafond d'abattage

Loup : le gouvernement assouplit les tirs et relève le plafond d'abattage

Dans un contexte de tensions croissantes entre protection de la biodiversité et défense du pastoralisme, le gouvernement français a franchi une nouvelle étape dans l'abaissement de la protection du loup. Deux arrêtés ministériels, publiés mardi 24 février, viennent faciliter et augmenter significativement les possibilités de tirs sur cette espèce emblématique.

Un durcissement inattendu des mesures

Ces textes, émanant conjointement des ministères de l'Agriculture et de la Transition écologique, font suite au récent déclassement du statut de protection du loup au niveau européen, passé de « strictement protégé » à simplement « protégé ». La mesure la plus controversée concerne le relèvement du plafond légal d'abattage, qui passe de 19% à 21% de la population lupine estimée.

Cette disposition n'apparaissait pas dans le projet d'arrêté soumis à consultation publique, ce qui a provoqué la surprise et l'indignation des associations environnementales. « L'arrêté a été durci suite aux pressions du ministère de l'Agriculture, sans être remis en consultation malgré des modifications importantes », déplore Jean-David Abel, vice-président de France Nature Environnement.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Assouplissement des conditions de tir

Les nouvelles mesures introduisent plusieurs assouplissements notables concernant les tirs de défense, effectués en situation de prédation. Désormais, ces tirs pourront être autorisés même lorsque les troupeaux ne bénéficient d'aucun moyen de protection préventif, tels que chiens de garde, clôtures adaptées ou gardiennage renforcé.

La procédure administrative est également simplifiée : une simple déclaration au préfet suffira, remplaçant l'obligation précédente de demande d'autorisation préalable. Cette modification risque de faciliter considérablement les interventions sur le terrain, selon les observateurs.

Controverse autour des tirs de prélèvement

Les tirs de prélèvement, particulièrement décriés par les associations de protection de l'environnement et de nombreux experts scientifiques car déconnectés des actes de prédation immédiats, voient également leurs conditions facilitées. Ces tirs préventifs, autorisés en dehors de situations d'attaque avérée, font l'objet de vives critiques quant à leur efficacité et leur légitimité écologique.

Néanmoins, le gouvernement introduit une contrepartie : les éleveurs devront « s'engager » formellement à mettre en place des moyens de protection dans les douze mois suivant les tirs. En cas de non-respect de cet engagement, ils ne pourront plus bénéficier d'indemnisation après deux attaques successives.

Insatisfaction générale et maintien des aides

Ces mesures créent une situation paradoxale où elles sont simultanément dénoncées par les associations environnementales, qui y voient un recul inacceptable de la protection des espèces, sans pour autant satisfaire pleinement les organisations agricoles, qui réclament des mesures encore plus fermes contre la prédation.

Sur le plan financier, le gouvernement se contente de maintenir les dispositifs d'aide existants, sans annoncer de nouveaux moyens substantiels pour accompagner la transition vers des systèmes d'élevage mieux protégés. Cette absence d'innovation budgétaire suscite des interrogations quant à la capacité réelle de ces mesures à résoudre durablement les conflits entre activités pastorales et conservation de la grande faune sauvage.

Le contexte local reste tendu, comme en témoigne la récente intervention d'agents de la police de l'environnement de l'Office français de la biodiversité à Chaumont-la-Ville (Haute-Marne), où des prélèvements d'échantillons ont été effectués sur un mouton après une attaque présumée de loup le 23 janvier 2026. Ces incidents rappellent que la cohabitation entre l'homme et le prédateur continue de poser des défis complexes sur le terrain.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale