L'Organisation des transporteurs routiers européens (Otre) a lancé mercredi 23 septembre une consultation auprès de ses membres pour décider d'éventuelles actions face à la hausse du prix du gazole. Le secteur, qui affiche des marges très faibles de 1,5 à 2 %, tranchera au début de la semaine prochaine. Cette initiative intervient alors que les transporteurs sont exclus des aides d'État attribuées aux pêcheurs et aux agriculteurs.
Un secteur exclu des aides d'État
Les transporteurs routiers s'indignent d'être écartés du dispositif de soutien mis en place pour les secteurs fragilisés par la hausse des coûts, comme les pêcheurs, les agriculteurs et les entreprises du BTP. Mardi, le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a estimé que « ces aides ne sont plus nécessaires » pour les transporteurs, car la hausse des prix à la pompe peut être répercutée sur les factures clients.
Jean-Marc Rivera, délégué général de l'Otre, avait pourtant prévenu sur franceinfo : « Il y a un moment donné où les clients ne pourront plus accepter une telle répercussion. » Il a ajouté mercredi que cette « différence de traitement est incompréhensible, profondément injuste et désormais intolérable ».
Des marges réduites à néant
Les entreprises de transport pourraient bientôt travailler à perte. Séverine Michaud, patronne des transports Michaud, a expliqué sur Europe 1 avoir « déjà des marges qui sont extrêmement faibles, 1,5 à 2 % de marge. Donc là, inutile de vous dire qu'avec ces augmentations de gasoil, on gomme toute marge possible. Si on ne répercute pas a minima cette hausse de gasoil, on n'a plus intérêt de sortir les véhicules des parcs. »
Cette situation survient une semaine après la mobilisation des acteurs des métiers de la pêche, qui protestaient contre leur manque de rentabilité, la hausse du prix du gazole et les quotas de pêche imposés par le plan WestMed.
Verdict attendu en début de semaine prochaine
Comme l'indique l'Otre sur son site, le « verdict » de la consultation est attendu en « début de semaine prochaine ». « Après dépouillement en fin de semaine, une feuille de route claire sera officialisée », précise l'organisation.
Les transporteurs ne sont pas les seuls à envisager des actions. Les auto-écoles, déjà contraintes d'augmenter les prix des leçons, réfléchissent également à des mobilisations face à la hausse des coûts du carburant.