Rentrée compliquée dans les bus de la Provence verte : les élus s'expliquent
Bus Provence verte : les élus expliquent les couacs de la rentrée

Depuis la rentrée 2026, les usagers des bus de la Provence verte expriment leur mécontentement face à des retards et des modifications de lignes. Jean-Michel Constans, vice-président de la communauté d'agglomération Provence verte délégué aux transports, reconnaît des « couacs » et explique les difficultés rencontrées par l'autorité organisatrice de la mobilité.

Un transfert de compétences complexe

Depuis le 1er septembre, l'agglomération Provence verte est devenue l'autorité organisatrice de la mobilité sur son territoire, conformément à la loi d'obligation des mobilités. Le réseau Mouv'enbus, qui dessert les villages du périmètre, s'est étendu avec des navettes intra-urbaines à Brignoles et à Saint-Maximin et trois lignes régulières supplémentaires. L'objectif était de « mailler le territoire et de renforcer le réseau avec ZOU ! », selon Jean-Michel Constans.

Cependant, le plein transfert de compétences s'est fait sans que l'agglomération puisse anticiper tous les changements. « On ne pensait pas que le système "Portes fermées" de la Région serait mis en place au 1er septembre », explique-t-il. Pour continuer à assurer le service dans les mêmes conditions, la Région présentait une facture de 1,2 million d'euros, un coût qui a refroidi les élus de la Provence verte. « Maintenant le but est que les deux réseaux puissent s'articuler, ce qui n'est pas vraiment encore le cas », ajoute-t-il.

Des couacs sur les lignes scolaires et le cas Nans-les-Pins

Les perturbations ont été particulièrement ressenties sur les lignes scolaires. Les lycéens et collégiens qui finissaient plus tôt ne peuvent plus prendre un bus ZOU !, ce qui a provoqué des attroupements devant les bus Mouv'enbus à 17 heures. « On transporte 5 200 élèves sur 22 lignes. Il a fallu qu'on fasse quelques corrections aussi parce que les nouveaux transporteurs n'avaient pas l'habitude d'intervenir sur notre territoire. Aujourd'hui, des retards, il n'y en a presque plus. On veille au quotidien. C'est un travail de fourmi », détaille Jean-Michel Constans.

Le cas de Nans-les-Pins illustre les difficultés. La ligne 92, qui passait sur quatre arrêts différents (dont trois en centre-ville), ne s'arrête plus sur plusieurs créneaux et file directement vers Saint-Zacharie. « L'objectif de la Région est de gagner du temps, ce qui peut se comprendre. La mairie nous demande d'affréter une navette mais c'est très compliqué », explique l'élu.

Des pistes de travail et des contraintes budgétaires

Des réunions ont été organisées avec les maires du secteur ouest, de Pourrières à Brignoles, pour faire remonter à la Région les problèmes sur les lignes 892, 93 et 94. Le Val d'Issole est l'autre secteur de la grogne, avec les problématiques des « portes fermées » sur les lignes 848 et 849. « On travaille pour rajouter des services sur la ligne scolaire 204 et sur la ligne régulière 104, notamment le matin et le soir. On travaille aussi sur les horaires de la ligne 113 pour mieux récupérer les lignes de la Région. On réfléchit à rajouter des services. Tout est en cours d'élaboration comme le prolongement de la ligne 203 et une ligne mixte 205-105 », précise Jean-Michel Constans.

Ces modifications ont un coût évalué entre 350 000 et 400 000 euros à l'année pour l'Agglomération. « À chaque fois, nous n'avons pas fait évoluer la tarification pour les usagers. Pour tous les collégiens et les lycéens, il y a une participation de 50 euros sur le pass Mouv'enbus à 110 euros, avec donc un reste à charge de 60 euros et parfois des participations communales », indique-t-il. Des contraintes budgétaires qui ralentissent l'adaptation. « On ne peut pas faire tout d'un seul coup. Nous espérons aussi trouver des solutions avec la Région, sans revenir sur le fonctionnement "portes fermées", pour travailler de manière plus étroite dans l'intérêt de tous », ajoute-t-il.

Le collectif des usagers entendu et des lignes à la demande en projet

Le collectif des usagers des transports de la Provence verte a remis aux élus de Rocbaron une première synthèse des difficultés rencontrées. « La colère est compréhensible mais elle est liée à des phénomènes que nous n'avions pas les autres années : nouveau réseau, les portes fermées, les modifications. Mis bout à bout, cela a créé des tensions. Aujourd'hui, l'important est de travailler dans la concertation pour apporter des réponses à nos usagers », déclare Jean-Michel Constans. La synthèse a été transmise à l'élu qui affirme : « On va s'en servir. On savait que la rentrée serait compliquée. Il faut que les gens soient patients. »

Une autre solution est envisagée : des lignes à la demande. « Des petits bus de neuf places avec des rotations sur les communes sur inscriptions. C'est dans les tuyaux pour 2027-2028 », conclut-il.