Mort de Thomas à Crépol : 11 suspects renvoyés aux assises, racisme retenu
Crépol : 11 suspects aux assises, circonstance de racisme retenue

Onze suspects ont été renvoyés vendredi 25 septembre devant la cour d’assises des mineurs de la Drôme pour le meurtre de Thomas Perotto, lycéen de 16 ans, tué en novembre 2023 à Crépol. Les juges d’instruction ont retenu la circonstance aggravante de racisme, ont indiqué deux sources proches du dossier à l’AFP. L’auteur du coup mortel n’ayant pas été identifié, le concept pénal de « scène unique » a également été appliqué.

L’un des onze suspects étant mineur au moment des faits, l’ensemble du groupe est renvoyé devant la cour d’assises des mineurs de la Drôme. Un douzième mis en cause sera jugé pour des violences volontaires avec arme, selon ces sources, qui confirmaient une information de BFMTV. Compte tenu des recours possibles, le procès ne devrait pas se tenir avant plusieurs mois.

Une enquête marquée par la « loi du silence »

Au total, 14 jeunes hommes avaient été mis en examen dans ce dossier, mais deux ont bénéficié d’un non-lieu. En raison d’une « loi du silence » forte dans cette affaire, selon les sources proches du dossier, l’enquête n’a pas permis de déterminer quel accusé a porté le coup mortel au jeune rugbyman à la fin du bal de l’hiver du petit bourg de Crépol.

Les juges d’instruction ont donc retenu le concept pénal de « scène unique », qui permet de juger tous les membres d’un groupe pour un crime, au motif qu’ils ont tous pris part aux violences. Cette décision permet de poursuivre l’ensemble des participants présents lors de la soirée, même si l’identité de l’auteur du coup fatal reste inconnue.

La circonstance aggravante de racisme contestée par le parquet

Les juges ont retenu la circonstance aggravante de racisme sur la base des déclarations d’une petite vingtaine de témoins qui assurent notamment avoir entendu des propos tels que « On est là pour planter des Blancs » ou « sale Français de merde ». Ces témoignages ont été jugés suffisamment crédibles pour être pris en compte dans la qualification pénale.

Le parquet s’était pourtant opposé à l’ajout de cette circonstance aggravante, relevant que ces témoignages étaient « minoritaires » – plus d’une centaine de témoins ont été auditionnés –, « imprécis » et « contradictoires ». Malgré cette opposition, les juges d’instruction ont décidé de maintenir cette circonstance, qui alourdit la peine encourue par les accusés.

Un procès attendu dans plusieurs mois

Le renvoi devant la cour d’assises des mineurs de la Drôme marque une étape importante dans cette affaire, qui avait suscité une vive émotion dans la région et au-delà. En mai 2023, 6 000 personnes avaient participé à une marche blanche à Romans-sur-Isère en hommage à Thomas Perotto.

Le procès ne devrait pas se tenir avant plusieurs mois, en raison des recours possibles contre cette décision de renvoi. Les familles des victimes et des accusés attendent désormais la fixation d’une date d’audience, tandis que l’enquête sur les circonstances exactes de la mort du lycéen reste marquée par les zones d’ombre liées à la « loi du silence ».