Chaque matin, Raynald est l'un des premiers visages que l'on croise en arrivant à la plage privée de la Rascasse, sur la plage du centre-ville de Sainte-Maxime. Souriant, il accueille les clients, consulte son plan de réservation et les guide vers leurs transats. « Bonjour ! Je vais vous amener à votre matelas », lance-t-il à un couple. Devant lui, 80 matelas alignés face à la mer, juste devant le restaurant qui peut accueillir une soixantaine de couverts. La plage est aussi dotée d'un espace bar.
Une journée qui commence à l'aube
Il est 11 heures lorsque la plage commence à se remplir, mais la journée de Raynald a débuté bien plus tôt. Dès 8 heures, le plagiste est sur place pour préparer l'espace. « Quand j'arrive, je vérifie qu'il n'y ait pas de déchets qui traînent. Puis je m'occupe des matelas et parasols », explique-t-il. Si les intempéries sont rares, les transats ne sont pas rentrés la nuit grâce à un veilleur qui garde la plage. Raynald repositionne chaque matelas, relève les dossiers, ouvre les parasols et réaligne le tout. Cinq rangées de seize chaises longues se succèdent. « Il faut aussi vérifier que chaque matelas soit propre », précise-t-il en portant un sac de housses remplacées. Ensuite, il uniformise le sable avec un râteau et un balai, et parfois une charlotte, un tamis mécanique. « Mais ça, c'est seulement quand c'est nécessaire, parce que c'est difficile à manier », confie-t-il. À 9 h 30, la plage est prête.
Polyvalence et relation client
Posté à l'entrée, Raynald dirige les visiteurs vers leur place attribuée puis prend les commandes de boissons ou de tapas. Les allers-retours entre le bar et les tables basses s'enchaînent. « En moyenne, je fais 10 à 15 kilomètres par jour, note le plagiste en consultant sa montre connectée. Avec les fortes chaleurs, entre l'installation et le service, c'est vrai que ça peut parfois être éprouvant comme métier. » Mais il préfère ce rythme à celui de serveur, dont les horaires s'étendent tard : « Avec l'usure du métier ça me convient bien. Je ne travaille pas le soir mais la journée continue. À la fin, je passe de bonnes nuits ! » Il détient également le Brevet national de sécurité et de sauvetage aquatique (BNSSA), bien que la plage soit surveillée par des maîtres nageurs-sauveteurs.
Un métier de lien social
En première ligne au plus près de la mer, Raynald crée du lien avec les habitués. Laurence, Parisienne, vient chaque été depuis 30 ans à Sainte-Maxime et s'installe sans guidance. « Elle arrive, elle s'installe directement. Pas besoin de lui montrer le chemin », sourit Raynald. Elle retrouve Catherine, Maximoisienne, rencontrée sur cette plage. « Même si j'habite ici, j'adore revenir, confie Catherine. On se retrouve un peu comme au camping ! » Ce côté familial plaît à Raynald : « Il y a une atmosphère plus détendue du côté de la plage par rapport à la restauration. J'apprécie aussi le fait d'être le seul à gérer, avec mes propres responsabilités. » Autour de lui, une quinzaine de saisonniers travaillent au service, au bar et en cuisine, faisant de la Rascasse un lieu à taille humaine. Polyvalent, attentif et souriant, le plagiste est un maillon essentiel de l'été à Sainte-Maxime.



