Hervé Di Rosa expose ses « Mirages du monde » à Cannes jusqu'au 8 novembre
Hervé Di Rosa : exposition « Mirages du monde » à Cannes

L'artiste Hervé Di Rosa, entré à l'Académie des Beaux-Arts en 2022, présente jusqu'au 8 novembre au Centre d'art contemporain La Malmaison à Cannes une rétrospective intitulée « Les mirages du monde ». L'exposition réunit une centaine de tableaux retraçant son parcours singulier, mêlant bande dessinée, artisanat et influences internationales.

Un artiste iconoclaste à l'Académie

Avec son gilet multipoches, son accent sudiste et ses formules imagées, Hervé Di Rosa ne correspond pas au cliché de l'artiste contemporain abstrait. Pourtant, le Sétois de 66 ans a été élu à l'Académie des Beaux-Arts au fauteuil IV de la section peinture. Il confie : « C'est drôle car sur un de mes tableaux réalisés au Vietnam, je représentais mes deux premiers enfants et je les prévenais des dangers du monde de l'art : le profiteur, le parasite, le collectionneur cupide, le manipulateur. Et j'avais aussi mis un chapeau d'Académicien dans le tableau. »

Des débuts marqués par la bande dessinée

Dans les œuvres de ses débuts (fin des années 1970-début 1980), présentées au rez-de-chaussée de La Malmaison, l'influence des comics et de la bande dessinée est manifeste. « À l'époque, l'art contemporain méprisait la BD et les gens de la BD trouvaient l'art contemporain incompréhensible. Je me retrouve toujours dans un entre-deux, c'est la position que je préfère, car je suis un marginal », explique-t-il. Georges Wolinski, alors rédacteur en chef de Charlie Mensuel, l'a orienté vers les galeries, estimant que le dessin de presse n'était pas sa voie. Di Rosa a alors détourné le format de la BD : ses premières peintures reprenaient des cases, puis il a mêlé plusieurs histoires sur une même toile, inventant des personnages grotesques.

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Un voyageur malgré lui

L'exposition montre l'étendue de ses voyages : États-Unis, Vietnam, Mexique, Éthiopie, Afrique du Sud, Inde. Pourtant, il déclare : « Je déteste voyager, je déteste prendre l'avion. Ce que je voulais, c'était rencontrer des artisans, apprendre leurs techniques pour transformer mes images. Aujourd'hui, le mot est un peu ringard, mais je voulais un vrai métissage. » En Inde, il a étudié la miniature ; au Ghana, le travail du peintre d'enseignes Kwame Akoto (exposé au Quai Branly) ; au Portugal, où il vit depuis 14 ans, il pratique la céramique.

Le « barbare du Sud » revenu aux sources

Avec le temps, Di Rosa a assumé son accent et ses racines sétoises. « Mon ami architecte Rudy Ricciotti dit qu'on est des barbares du Sud. À Paris, on nous voyait comme ça, on disait qu'on apportait le soleil. J'ai essayé de perdre l'accent pour devenir acteur, la pire décision de ma vie. Au début, je souffrais de ces clichés, mais j'ai aussi profité d'être considéré comme exotique. »

Des paysages urbains aux maîtres anciens

La dernière partie de l'exposition présente des vues géométriques de lieux comme l'ancien magasin Tati à Paris ou des échoppes de Miami, ainsi que des œuvres récentes inspirées des maîtres hollandais et italiens. Interrogé sur la diversité stylistique qui pourrait faire croire à plusieurs artistes, Di Rosa sourit : « À Lisbonne, j'ai découvert Fernando Pessoa et son concept d'hétéronymes. Moi, longtemps, j'ai voulu être plein d'artistes à la fois. »

L'exposition est visible jusqu'au 8 novembre, tous les jours de 10 h à 19 h. Tarifs : de 3,50 à 6,50 euros. Renseignements sur le site de la ville de Cannes.

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