En Belgique, Christiane Vereecke, retraitée originaire d'Hoboken, a fondu en larmes en découvrant le montant de sa future pension. Après plus de 50 ans de carrière, elle perçoit aujourd'hui 1 835 euros net par mois, un montant qu'elle juge profondément injuste. Son histoire, rapportée par le média belge 7 sur 7, met en lumière le sentiment de déclassement de nombreux retraités qui ont travaillé toute leur vie sans bénéficier d'une retraite à la hauteur de leurs efforts.
Une carrière débutée en 1972
Christiane a commencé à travailler en 1972 dans une société de transit, après ses études secondaires. Cinq ans plus tard, elle rejoint un secrétariat social à Anvers, où elle passera plus de 45 ans. « Je m'y suis toujours sentie bien. La collaboration avec mes collègues et mes chefs de service était excellente. Quand je regarde mon parcours, je suis franchement très satisfaite », confie-t-elle. En parallèle, durant six ans, elle a travaillé dans la restauration le week-end pour arrondir ses fins de mois. Elle a même repoussé son départ à la retraite de six mois après avoir atteint l'âge légal en juillet 2023.
Une simulation qui fait l'effet d'une douche froide
Avant ces mois supplémentaires, Christiane avait effectué une simulation de sa pension. « J'ai vu que j'allais toucher 1 578 euros de retraite. J'étais en train de me promener à ce moment-là et je me suis mise à pleurer à chaudes larmes en pleine rue », raconte-t-elle, ajoutant qu'elle trouve ce montant « scandaleux ». Aujourd'hui, avec les six mois de travail supplémentaires, elle perçoit 1 835 euros net par mois. Un montant qui lui permet de vivre « confortablement » grâce au salaire de son mari et à ses économies, mais qui reste pour elle une source d'injustice.
« Je me plains par principe »
Christiane ne mâche pas ses mots : « J'entends parfois parler de gens qui ont été au chômage ou en arrêt maladie de longue durée pendant des années et qui touchent presque la même retraite que moi. Pourquoi avoir travaillé à temps plein pendant plus de 50 ans ? » Elle précise toutefois : « Je ne me plains pas parce que je manque de quoi que ce soit. Je me plains par principe, parce que je trouve ça injuste. »
Un débat plus large sur les retraites
Ce témoignage relance le débat sur la justice des systèmes de retraite. En Belgique, comme ailleurs, la question de la proportionnalité entre les cotisations et les pensions est au cœur des préoccupations. Les travailleurs ayant eu des carrières longues et complètes estiment souvent que leur pension ne reflète pas leurs années de contribution. Les écarts avec ceux qui ont bénéficié de dispositifs sociaux pendant de longues périodes alimentent un sentiment d'iniquité.
L'histoire de Christiane illustre également l'impact émotionnel de la retraite. Après une vie de travail, la découverte du montant de sa pension peut être vécue comme une trahison. Pour elle, la retraite n'est pas seulement une question de revenus, mais aussi de reconnaissance de son parcours professionnel.



