Le premier long-métrage d'Armand Foëx et Clément Devilliers, Un grand raccourci, sort en salles le 12 août et s'impose déjà comme un petit bijou de la comédie française. Ce film de 1h21, avec Guillaume Ercker, Jules Porier, Sara Montpetit et Louise Labèque, a été présenté à la critique avec un enthousiasme rare. Il s'aventure sur les routes d'une Bretagne loin de tout cliché, suivant quatre adolescents en chemin parfois difficile vers l'âge adulte.
Un récit choral savoureux
Le film se distingue par la caractérisation précise et délicate de ses personnages. On y croise une influenceuse qui vend des bijoux en toc, une jeune fille timide qui s'inscrit à un concours de beauté en trichant sur sa taille, un chasseur de rats débutant et un peu escroc, et un cuistot qui songe à quitter la torpeur de la campagne. Chacun porte une histoire singulière, mais leurs destins se croisent avec une justesse remarquable.
Les situations dramaturgiques mêlent avec une délicatesse inouïe la cocasserie et la mélancolie. Cette tonalité, rare dans le cinéma français actuel, réenchante le genre. Les dialogues, ciselés, servent une écriture qui évite les poncifs et surprend par sa fraîcheur.
Des cinéastes de 20 ans à suivre
Ce qui impressionne le plus, c'est l'âge des auteurs. Armand Foëx et Clément Devilliers ont à peine 20 ans chacun. Ils ont documenté le montage financier et le tournage de leur film sur les réseaux sociaux, créant une communauté autour de leur projet. Cette transparence a probablement contribué à l'authenticité du résultat.
Leur jeunesse n'enlève rien à la maîtrise de la mise en scène. Au contraire, elle apporte un regard neuf sur des thèmes universels : l'amitié, les rêves, la difficulté de grandir. La Bretagne, filmée sans exotisme de carte postale, devient un personnage à part entière, avec ses paysages bruts et ses petits villages.
Une comédie qui fait du bien
Dans un paysage cinématographique souvent dominé par des comédies formatées, Un grand raccourci fait figure d'ovni. Le film assume sa singularité et propose une expérience à la fois drôle et émouvante. La critique, unanime, y voit un renouveau du genre. « Un petit bijou d'écriture et de mise en scène », souligne notre confrère Xavier Leherpeur dans sa critique publiée le 10 août.
Le film a été présenté dans plusieurs festivals et a déjà reçu un accueil chaleureux du public. Avec une durée maîtrisée de 1h21, il ne s'éternise pas et va à l'essentiel. Les jeunes acteurs, tous remarquables, portent le film avec une énergie communicative.
Un succès annoncé ?
Reste à voir si le grand public suivra. La sortie le 12 août, en pleine période estivale, pourrait jouer en sa faveur. Les salles obscures cherchent des films capables de rassembler, et cette comédie a tous les atouts pour séduire. Les réseaux sociaux, déjà mobilisés par les cinéastes, pourraient amplifier le bouche-à-oreille.
En attendant, Un grand raccourci s'impose comme une œuvre à ne pas manquer pour les amateurs de cinéma français exigeant. Il prouve que la jeunesse a des choses à dire et qu'elle sait le faire avec talent. Une réussite qui donne envie de suivre de près la suite de la carrière de ces deux réalisateurs prometteurs.



