Mode : la distinction, un frisson à s'approprier
Mode : la distinction, un frisson à s'approprier

Dans sa chronique publiée le 17 octobre 2026, Sophie Fontanel s'interroge sur le plaisir de se distinguer à travers la mode, un « frisson » que les défilés printemps-été 2027 rendent irrésistible, malgré l'héritage critique de Pierre Bourdieu.

La distinction, entre conformité et jubilation

Pour Sophie Fontanel, la distinction est un concept ambigu. Depuis les travaux de Pierre Bourdieu, elle est perçue comme « louche », une forme de conformité déguisée. Pourtant, en acceptant d'être léger, la chroniqueuse découvre que se distinguer est un plaisir immédiat, presque enfantin.

Lors du défilé Saint Laurent, l'intégralité des looks était couleur or. Une ambiance qu'elle résume avec humour : « nous n'avons pas les mêmes valeurs, monsieur l'huissier ». La jubilation de ce choix esthétique tient moins à l'argent – « c'est trop cher » – qu'à la joie de se raconter une histoire, de s'approprier un style.

Des tendances à s'approprier sans se ruiner

Chez Chloé, les mannequins portaient des trenchs transparents, une audace que Sophie Fontanel qualifie de « frileuse », mais qui participe de cette même envie de se distinguer. Chez Chanel, les jupes fendues et les grands pas des mannequins évoquent un raffinement « comme pas deux », selon les mots de sa mère. Là encore, l'argent n'est pas le moteur : on s'approprie l'air du temps comme on peut.

Cette appropriation de l'impalpable est, selon la chroniqueuse, le propre de ceux qui ne sont pas millionnaires. Si elle ne peut pas s'offrir le gilet fluide à la ganse folle de Louis Vuitton, elle retient l'idée : une superposition de tissus limpides. De même, le trench Hermès qui se termine en… reste un idéal, mais l'essentiel est de capter l'esprit de la tendance.

Un air du temps à interpréter

Sophie Fontanel conclut que la mode offre à chacun la possibilité de se distinguer, non par le prix, mais par l'interprétation personnelle des tendances. Les défilés printemps-été 2027, avec leurs ors, leurs transparences et leurs coupes fluides, invitent à une créativité accessible. La chronique, réservée aux abonnés, souligne que la distinction est avant tout un état d'esprit, une manière de se raconter, loin des considérations matérielles.