Verallia ferme un four en Charente : 66 emplois menacés, la CGT dénonce une casse industrielle
Fermeture d'un four Verallia en Charente : 66 emplois menacés

Un nouveau coup dur pour l'économie charentaise

L'économie de la Charente, déjà fragilisée par la crise du cognac, subit un nouveau choc avec l'annonce de Verallia. Le groupe, ancienne filiale verrière de Saint-Gobain et numéro trois mondial de l'emballage en verre alimentaire, a confirmé mardi 17 février son projet de fermer un four en fin de vie dans son usine de Châteaubernard, située près de Cognac. Cette décision menace directement environ soixante-six postes de travail, un chiffre significatif rapporté aux deux cent soixante-quinze salariés que compte l'entreprise dans le département.

Un conflit entre la direction et les syndicats

La direction de Verallia présente cette fermeture comme une "adaptation ciblée de ses capacités de production" en Europe, évoquant un plan de départ volontaire autonome assorti d'un dispositif de préretraite pour les salariés concernés. Aucune date précise n'a été avancée par la direction générale.

En revanche, la CGT se montre beaucoup plus précise et critique. Le syndicat affirme que soixante-six emplois seraient "condamnés" par un "choix injuste" et que le four numéro deux sera définitivement éteint dès le vendredi 26 juin 2026. Dominique Spinali, délégué central, dénonce une "erreur stratégique" majeure : "Éteindre le four numéro deux sans investir à nouveau dans l'électrique, c'est affaiblir l'outil de production, déséquilibrer le site et fragiliser les savoir-faire locaux." La CGT qualifie cette opération de "casse industrielle" doublée d'une "politique de casse sociale".

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Contexte industriel complexe

Pour bien comprendre cette situation, il faut rappeler que l'usine de Châteaubernard était historiquement équipée de trois fours thermiques. Le premier a été fermé en 2021 lors d'un plan social douloureux, puis partiellement remplacé en 2024 par un four entièrement électrique. Cet investissement révolutionnaire de cinquante-sept millions d'euros, une première en Europe, devait être suivi d'un deuxième projet majeur. Cependant, la crise des vins et des spiritueux a radicalement changé la donne économique.

Actuellement, les deux autres fours de l'usine fonctionnent encore au gaz et au fioul. Le four numéro deux, vieillissant et momentanément éteint fin 2023 avant d'être rénové et rallumé quelques mois plus tard, est spécialisé dans la production de verre extra-blanc destiné au cognac et aux spiritueux. Sa durée de vie était initialement prévue jusqu'en 2027 ou 2028. Le four numéro trois, quant à lui, produit du verre teinté pour les vins de Bordeaux et du Val de Loire.

Une restructuration à l'échelle européenne

La fermeture du four de Châteaubernard s'inscrit dans un plan de restructuration plus large pour Verallia en Europe. Le groupe a également annoncé la fermeture d'une usine employant trois cents personnes à Essen, en Allemagne. Au Royaume-Uni, un four sera éteint à Knottingley, près de Manchester, tandis qu'un autre four "plus performant" sera redémarré à Leeds, dans la région du Yorkshire-et-Humber. Verallia affirme vouloir "accompagner avec la plus grande attention l'ensemble des salariés concernés" par ces changements.

Face à ces annonces, la CGT appelle les verriers de Charente à une assemblée générale, prévue jeudi à midi, devant le local syndical de Châteaubernard. Cette mobilisation vise à organiser la résistance contre ce que les syndicalistes considèrent comme une attaque contre l'emploi local et le tissu industriel régional.

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