Une tour de 19 étages étranglée par les charges
Depuis un an et demi, les 84 copropriétaires de la tour des Mazades, dans le quartier populaire du nord de Toulouse, sont pris à la gorge par des charges liées à la rémunération d’un agent de sécurité incendie. Alors qu’une assemblée générale extraordinaire doit mettre fin à cette situation ce 21 mai, le bailleur social Les Chalets s’y oppose.
« Alors que nous devions arrêter de payer le gardiennage en mai 2025, nous continuons d’enchaîner les factures et désormais on risque d’en reprendre encore pour un an car le groupe les Chalets veut recommencer la procédure », s’insurge Angie Reyès, propriétaire d’un appartement T2. « Je suis en colère, on nous envoie les huissiers alors que certains copropriétaires se sont endettés pour payer ces charges excessives et les travaux recommandés ».
Depuis janvier 2025, les résidents paient 685 euros par jour pour un agent certifié 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, après avoir perdu une dérogation aux normes de sécurité incendie pour les immeubles de grande hauteur (IGH). Pourtant, un avis levant l’obligation de sécurité a été émis en mai 2025, et les copropriétaires ont réalisé environ 40 000 euros de travaux.
Un immeuble non classé IGH
Les copropriétaires ont engagé un avocat pour clarifier la réglementation. La tour, construite en 1960, n’est pas classée IGH, et les décrets ultérieurs ne s’appliquent pas. Ils ont demandé la fin du gardiennage privé, en complément du concierge, pour alléger les factures. Le concierge reste présent jusqu’à la levée des prescriptions techniques.
La décision devait être validée lors d’une assemblée générale extraordinaire ce 21 mai 2026, mais le bailleur Les Chalets, propriétaire de 76 logements, refuse et préfère demander une nouvelle dérogation à la préfecture.
« Les Chalets sont majoritaires et les charges exorbitantes ne pèsent pas pour eux comme sur nous, peste Monique Caradant, retraitée propriétaire depuis trente ans. On est pris en otage alors que rien n’oblige à avoir cette surveillance. Je paye 210 euros au lieu de 130 avec des économies qui devaient me servir plus tard ».
La position du bailleur
La SA des Chalets rappelle qu’elle est soumise à la même réglementation. « Comme tout copropriétaire, la SA des Chalets est favorable à l’allégement du dispositif de surveillance au regard des lourdes charges pesant sur l’ensemble des copropriétaires. Toutefois, elle souhaite avoir l’assurance que le dispositif allégé, nouvellement mis en place, est bien conforme aux attentes de la sous-commission départementale de sécurité incendie. Il n’est en effet pas envisageable pour la SA des Chalets de mettre en jeu la sécurité des personnes en cas d’incendie ».
À ce jour, le bailleur social assure être toujours dans l’attente de cette confirmation.



