Pierrakakis, le Grec qui bouscule l'Europe
Pierrakakis, le Grec qui bouscule l'Europe

Kyriakos Pierrakakis, ministre grec de la Gouvernance numérique, s'impose comme une figure incontournable de la modernisation de l'État en Europe. À 41 ans, cet ancien chercheur en intelligence artificielle a entrepris de transformer l'administration hellénique, longtemps considérée comme un modèle de lourdeur bureaucratique. Ses réformes, saluées par Bruxelles, pourraient servir de référence à d'autres pays membres.

Un parcours atypique au service de l'État

Né en 1983, Pierrakakis a étudié à l'Université d'Athènes, puis à Harvard et au MIT. Avant d'entrer au gouvernement en 2019, il a fondé une start-up spécialisée dans l'analyse de données. Cette double culture, scientifique et entrepreneuriale, lui a permis d'aborder la chose publique avec un regard neuf. Depuis sa nomination, il a lancé plus de 1 200 services numériques, allant de la délivrance de documents d'identité à la gestion des demandes de subventions agricoles.

Des résultats concrets et mesurables

Selon les données officielles, le temps moyen de traitement des dossiers administratifs a été réduit de 30 % en trois ans. Les citoyens grecs peuvent désormais effectuer 80 % de leurs démarches en ligne, contre 20 % en 2019. "Nous avons changé la culture de l'administration, pas seulement ses outils", a-t-il déclaré lors d'une interview au Point. Cette transformation s'appuie sur une plateforme unique, gov.gr, qui centralise toutes les procédures.

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Un modèle pour l'Europe

La Commission européenne a récemment cité la Grèce comme un exemple à suivre dans son rapport sur l'administration en ligne. Pierrakakis plaide pour une plus grande interopérabilité des systèmes nationaux, afin de faciliter la mobilité des citoyens et des entreprises. "L'Europe doit mutualiser ses forces dans le numérique", insiste-t-il. Son approche pragmatique, axée sur les résultats, contraste avec les débats théoriques qui dominent parfois les sommets européens.

Des défis persistants

Malgré ces avancées, des critiques subsistent. Certains syndicats dénoncent une pression accrue sur les fonctionnaires, tandis que des associations de défense des droits pointent des risques en matière de protection des données. Pierrakakis reconnaît ces préoccupations, mais estime que "la modernisation est irréversible et nécessaire". Il compte étendre son action à la santé et à la justice, deux secteurs encore largement archaïques. Son objectif : faire de la Grèce un laboratoire du numérique public en Europe.

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