Est-ce vraiment le moment d’investir dans l’immobilier en France ?
Le climat politique instable et les tensions géopolitiques accrues font peu à peu passer tous les signaux au rouge. Pourtant, la période reste idéale pour les acheteurs finançables qui se retrouvent en position de force. En effet, à la rentrée, les présidentielles risquent de capter toute l’attention et faire passer les achats immobiliers au second plan des priorités des ménages. Les vendeurs vont donc devoir accepter de négocier avec les acquéreurs présents. Si vous comptez investir, vous pourrez donc négocier un tarif attractif et profiter, en plus, d’un coup de pouce fiscal en louant votre bien. De quoi vous assurer un rendement très correct. Seules conditions pour espérer des revenus réguliers et pérennes et une plus-value à terme : bien choisir son emplacement et investir dans une optique de long terme. Bref, revenir aux fondamentaux de l’immobilier, que l’envolée du marché au début des années 2020 a fait perdre de vue au plus grand nombre.
Le marché du luxe reprend des couleurs
Durant les trois années qui ont suivi la folie immobilière post-covid, les logements haut de gamme et de luxe ont été moins nombreux à se vendre et leurs prix ont baissé. Mais depuis la mi-2025, les investisseurs internationaux et acheteurs fortunés prospectent à nouveau et le marché a repris un peu de vitalité. Même si l’immobilier de luxe est plus résilient et a moins souffert que les autres pans de marché, il s’avère très polarisé. Il faut en effet distinguer les secteurs très recherchés – quartiers centraux parisiens, villes prisées de la Côte d’Azur et stations cossues des Alpes en tête – du reste de la France. Les premiers restent essentiellement le terrain de chasse de clients internationaux au budget peu contraint. "Dans le Paris historique, cette typologie d’acheteurs recherche un bien de caractère, en parfait état et avec une touche 'carte postale' unique", confie Julien Meguidech, directeur du réseau Varenne. Ainsi, l’ambiance "Ratatouille", petites impasses pavées, portes cochères et boutiques aux devantures anciennes, ou l’esthétique "Aristochats", avec vue sur les toits en zinc et les monuments mondialement célèbres, n’ont pas de prix.
Des tarifs stratosphériques dans les quartiers prisés
Dans les sept premiers arrondissements parisiens, alors que le tarif moyen d’un bel appartement évolue autour de 15 000 euros du mètre carré, celui d’un bien d’exception se négocie plus du double. Pour atteindre ce tarif stratosphérique, le logement doit être en parfait état avec une décoration moderne et élégante. "Les étrangers achètent rarement des biens à remettre au goût du jour", constate Caroline Baudry, directrice de Barnes Marais. Autre caractéristique, "beaucoup de demandes proviennent d’étrangers séduits par notre cadre de vie et le large choix de biens de tous les types et toutes les époques", note Patrice Besse, président de Patrice Besse. Mais ces acquéreurs ne sont pas si nombreux à acheter un château à la campagne !
Le marché des biens familiaux et résidences secondaires
L’autre pan du marché concerne les acheteurs majoritairement Français et regroupe les appartements familiaux dans les quartiers bourgeois des métropoles et les jolies résidences secondaires en bord de mer ou à la campagne. Aujourd’hui, les transactions y sont un peu plus complexes et les délais de vente s’allongent. "Dans les secteurs résidentiels de l’ouest parisien, seuls les biens en bon état et mis à prix entre 12 000 et 15 000 euros du mètre carré se vendent facilement", constate Paulo Fernandes, directeur associé chez Sotheby’s Realty Paris Ouest. Même constat à Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Nice ou Toulouse, où ces appartements se négocient en moyenne entre 4 000 et 6 000 euros du mètre carré. Car le renchérissement du coût du crédit a rogné le pouvoir d’achat des acquéreurs.
Les acheteurs privilégient des biens sans défaut
En plus, "l’offre est un peu plus large et les vendeurs pas assez nombreux à avoir ajusté leurs prétentions si bien que les transactions peinent à reprendre franchement", soupire Bruno Gras, directeur de Barnes Lille. Aujourd’hui, "ces acheteurs cherchent une sécurité patrimoniale et privilégient donc les biens sans défaut qui se revendront le plus facilement en cas de crise", analyse Bénédicte Marchal, gérante de Sotheby’s Realty Biarritz et St Jean de Luz. À cause de l’instabilité politique et de ses conséquences économiques, cette tendance devrait s'accroître dans les mois à venir. Or si le marché du haut de gamme vacille, celui du luxe devrait aussi marquer le pas.



