Salines de Villeneuve et étang de Vic : la biodiversité au cœur
Salines de Villeneuve et étang de Vic : biodiversité

Sur les sentiers des salines de Villeneuve-lès-Maguelone, William Meyer et Alexis Arnaud, écovolontaires en service civique au Conservatoire des espaces naturels (Cen), patrouillent en vélo électrique. Ils mesurent le niveau de l'eau toutes les deux semaines dans différentes zones. Aujourd'hui, il est de 13 cm en dessous du niveau de la mer, indique William Meyer. Ces données servent à ajuster le taux de salinité en apportant plus ou moins d'eau douce de l'Estagnol ou du canal de la Bouffie, via l'ouverture ou la fermeture des martellières, pour contrebalancer l'eau salée de l'étang.

Un site classé Natura 2000 de 300 hectares

Ce site naturel, propriété du Conservatoire du littoral et géré par le Cen, vise la conservation des milieux et la préservation de la biodiversité, notamment les oiseaux migrateurs et sédentaires. Il est classé Natura 2000 et au titre de la loi de 1930 sur la protection des paysages. Près de trois cents hectares entre l'étang de Vic et le pied de la Gardiole abritent roselières, prés salés, sansouïres, lagunes temporaires dans les anciens partènements et la lagune de Vic.

Les salines ont été exploitées jusqu'en 1969. Le Conservatoire du littoral a acquis ces terrains privés à partir de 1992 et possède aujourd'hui tout le secteur, de l'étang de Vic jusqu'au lido entre les Aresquiers et la cathédrale de Maguelone, explique Florence Dessales, chargée de mission au Conservatoire du littoral. Après une acquisition, un plan de gestion est défini. Aux salines, la stratégie combine accueil du public et gestion des espaces naturels. Sur l'étang de Vic, l'enjeu est de restaurer cette lagune polluée par les eaux des stations d'épuration et les rejets agricoles. Les herbiers aquatiques reviennent, mais les efforts doivent continuer. La pêche traditionnelle à l'anguille se pratique toujours, tandis que la pêche amateur se développe et nécessite une surveillance.

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Gérer la fréquentation et réduire les menaces

Les circulations piétonnes sur les berges sont réglementées et la lutte contre la cabanisation sauvage est menée. Le lido des Aresquiers, milieu dunaire séparant la mer des lagunes, est le seul en Occitanie sans route ni aménagement. La restauration a commencé dans les années 70-80 par l'État et s'est achevée il y a dix ans, ajoute Florence Dessales. Les colonies de vacances et les bars ont été démantelés, car l'élévation du niveau de la mer posait des problèmes de sécurité.

Ces zones fragiles sont situées entre Montpellier (500 000 habitants) et l'agglomération de Sète (130 000 habitants), ce qui les expose à une fréquentation humaine en hausse, aux passages de chevaux, aux sports de voile, aux tournages, aux chiens non tenus en laisse et aux véhicules motorisés. Une brochure recense les comportements à éviter, des panneaux ont été installés et des agents assermentés peuvent verbaliser.

Sensibiliser le public et projets d'avenir

Le Cen organise des animations toute l'année : conférences, sorties guidées, nettoyages du lido, éradication d'espèces invasives. Les écovolontaires, repérables avec leurs gros vélos, suivent la ponte des tortues caouanne sur le lido. Les gens viennent leur parler et posent des questions, ce qui éveille la curiosité, racontent-ils. Des sentiers de randonnée de 1,4 km à 7 km permettent de découvrir ce lieu, où l'on peut observer hérons cendrés, échasses blanches ou poissons jaillissant de l'eau.

Le Conservatoire du littoral possède 15 000 hectares en Occitanie. La gestion pratique est confiée à des collectivités. Aux salines, un partenariat lie la métropole de Montpellier, Sète agglopole et le Cen d'Occitanie, dont des bureaux occupent d'anciens bâtiments. L'enjeu majeur est la gestion de l'eau : la salinisation progressive menace les roselières. Des travaux hydrauliques seront menés avec la métropole dans le cadre de la compétence Gemapi. Un autre projet concerne la restauration des bâtiments, avec une valorisation comme à l'Espiguette ou à la maison des Orpellières à Sérignan. Ce n'est jamais rentable économiquement, mais c'est toujours un plus, estime Florence Dessales.

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