Le gouvernement chinois a récemment engagé une opération de grande ampleur visant à identifier ses ressortissants les plus fortunés installés hors de ses frontières, dans le but de mieux les taxer. Cette initiative, rapportée par le quotidien Le Monde le 13 août 2026, intervient alors que l'économie chinoise connaît un ralentissement et que les recettes fiscales de l'État diminuent.
Un recensement ciblé des contribuables les plus aisés
Selon les informations publiées, l'administration fiscale chinoise a commencé à envoyer des questionnaires à plusieurs milliers de contribuables considérés comme « à hauts revenus » ou « à forte valeur nette ». Ces documents leur demandent de déclarer leurs participations dans des sociétés étrangères, leurs comptes bancaires à l'étranger ainsi que leurs biens immobiliers et autres actifs détenus hors de Chine.
Cette mesure s'inscrit dans le cadre d'un effort plus large des autorités chinoises pour lutter contre l'évasion fiscale et s'assurer que les citoyens les plus riches contribuent davantage au budget de l'État. Le gouvernement chinois cherche ainsi à mobiliser de nouvelles ressources pour financer ses politiques publiques, dans un contexte où la croissance économique ralentit et où les recettes foncières, traditionnellement importantes, ont chuté.
Une pression fiscale accrue sur les expatriés
Pour les ultrariches chinois vivant à l'étranger, cette opération pourrait se traduire par une augmentation significative de leur charge fiscale. En effet, la Chine impose ses résidents sur leur revenu mondial, et les personnes qui conservent un lien fiscal avec le pays, notamment par leur résidence ou leur nationalité, peuvent être tenues de déclarer leurs actifs à l'étranger.
Les observateurs notent que cette initiative intervient après plusieurs années de sorties de capitaux importantes, certains contribuables ayant choisi de s'installer dans des juridictions à fiscalité plus clémente. Le gouvernement chinois, soucieux de préserver ses ressources, semble déterminé à inverser cette tendance en renforçant les contrôles et en utilisant les accords d'échange d'informations signés avec d'autres pays.
Des conséquences potentielles pour les contribuables concernés
Les contribuables identifiés dans le cadre de cette opération pourraient être confrontés à des redressements fiscaux, voire à des pénalités, s'ils ne se conforment pas aux nouvelles exigences de déclaration. Selon les experts, cette mesure pourrait également inciter certains ultrariches à reconsidérer leur stratégie de résidence fiscale, soit en rapatriant leurs actifs, soit en renonçant à leur nationalité chinoise.
À ce jour, les autorités chinoises n'ont pas communiqué officiellement sur le nombre de personnes concernées ni sur le montant des recettes supplémentaires attendues. Toutefois, cette action s'inscrit dans une tendance mondiale de durcissement de la lutte contre l'évasion fiscale, les pays échangeant de plus en plus d'informations sur les comptes détenus à l'étranger.
L'impact de cette mesure reste à évaluer, mais elle marque une étape supplémentaire dans la volonté de Pékin de renforcer son assiette fiscale et de s'assurer que les plus riches participent équitablement à l'effort national.



