Investir dans l'IA comme dans l'atome : l'appel des experts
Investir dans l'IA comme dans l'atome

Dans une tribune publiée par Le Point, un collectif d'experts et de personnalités du secteur technologique appelle à un investissement d'envergure nationale dans l'intelligence artificielle (IA), sur le modèle de ce que fut le programme nucléaire français dans les années 1960 et 1970. Selon eux, la France et l'Europe risquent de prendre un retard irrattrapable si elles n'agissent pas immédiatement.

Un parallèle historique assumé

Les signataires comparent l'IA à l'atome : une technologie de rupture qui a transformé la puissance énergétique et industrielle du pays. « Investir dans l'IA aujourd'hui, c'est reproduire le geste visionnaire de De Gaulle lançant le plan Messmer », écrivent-ils. Ils estiment que les sommes allouées (environ 2 milliards d'euros depuis 2018) sont très insuffisantes face aux investissements chinois et américains.

L'étude de référence citée dans la tribune provient de McKinsey Global Institute, qui chiffre à 13 000 milliards de dollars la contribution potentielle de l'IA à l'économie mondiale d'ici 2030. « La France ne peut pas se permettre de manquer ce virage », insistent les auteurs.

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Un enjeu de souveraineté

Au-delà de la compétitivité économique, les experts soulignent l'aspect stratégique : l'IA est déjà au cœur des systèmes de défense, de santé et de gouvernance. Sans maîtrise de cette technologie, la dépendance vis-à-vis des géants américains et chinois deviendra totale. Ils appellent à la création d'un « plan IA 2030 » doté d'au moins 10 milliards d'euros, dont une partie consacrée à la recherche fondamentale et aux infrastructures de calcul.

Le collectif pointe aussi le besoin de former massivement : « Il manque en France plusieurs milliers de spécialistes en IA. Il faut multiplier par cinq le nombre d'ingénieurs formés chaque année. »

Des précédents encourageants

Les signataires rappellent que la France a déjà réussi de tels paris industriels par le passé : le nucléaire, mais aussi le TGV ou Ariane. « L'IA est notre nouveau défi national. C'est une question de volonté politique et de mobilisation des moyens », concluent-ils.

La tribune intervient alors que le gouvernement prépare un nouveau plan de soutien à l'innovation, attendu pour la fin de l'année. Les experts espèrent que cet appel sera entendu et que l'IA deviendra une priorité budgétaire, au même titre que la transition énergétique.

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