Alors que la saison estivale débute, les restaurateurs du bassin cannois, sous l'impulsion de Noël Di Giovanni, président de l'Union Patronale des Restaurateurs et Limonadiers (UPRL), lancent une initiative pour promouvoir les VTC et taxis locaux. Objectif : préserver l'image de la destination et lutter contre l'afflux de VTC illégaux, notamment ceux venus de Paris, Lyon ou Marseille.
Un partenariat pour la qualité de service
Le 24 juin dernier, lors du Cannes Lions, un VTC stationné illégalement sur la station de taxi devant le Carlton a illustré le problème. En réponse, l'UPRL a conclu un partenariat avec l'association VTC Chauffeurs du Sud 06.83, après une réunion avec la mairie et les polices nationale et municipale. L'objectif est de favoriser les professionnels locaux et de garantir un service de qualité aux clients.
« On défend l'intégrité de notre destination. Tout cela fait fuir nos clients », explique Noël Di Giovanni. Concrètement, dès la réservation d'une table, les restaurateurs conseillent à leurs clients d'opter pour un VTC ou un taxi local, plutôt que de prendre un véhicule maraudant devant les établissements. Une affichette informative distribuée aux 470 adhérents de l'UPRL préconise deux numéros : 07.83.11.55.62 pour les VTC et 04.93.99.27.27 pour les taxis.
Un macaron pour identifier les transporteurs locaux
Les VTC partenaires arborent un macaron « VTC Chauffeurs du Sud » siglé d'un aigle, facilitant les contrôles policiers. « C'est aussi plus facile pour la police, lors des contrôles », précise Di Giovanni, qui invite hôteliers, plagistes et discothèques à suivre le mouvement. Il rappelle un incident récent où des touristes ont été victimes d'un guet-apens à Mougins : des individus en scooter leur ont arraché leurs montres de luxe après un trajet en VTC.
« On a tout intérêt à ce que nos clients rentrent sain et sauf chez eux », insiste-t-il. Pendant le dernier Festival de Cannes, l'État a effectué 3 500 contrôles de VTC et dressé plus de 600 procès-verbaux en douze jours. Les taxis locaux réclament le maintien de ces contrôles pendant l'été.
Un phénomène de fraude intense
Sabrina Sabena, présidente de l'Association des VTC du Sud (800 adhérents), salue l'initiative : « Il faut que les clients fassent travailler les acteurs locaux. Ce n'est pas normal d'avoir un chauffeur qui ne connaît pas la région. » Elle souhaite étendre l'initiative à Nice. Elle dénonce également une précarisation du métier : « Il y a 8 500 VTC dans les deux départements, soit le double en trois ans. 78 % des chauffeurs de plateforme acceptent des courses sous-payées car ils sous-déclarent ou ne déclarent pas leur chiffre d'affaires. »
Elle critique le Festival de Cannes, « organisation parisienne qui privilégie les transports parisiens », et cite l'exemple du Cannes Lions : « Des Nice-Cannes facturés 300 euros en Uber, contre 110 à 120 euros pour un taxi et 120 à 150 euros en VTC. »
De son côté, Bruno, vice-président du Syndicat des taxis de Cannes, reste sceptique : « Oui sur le principe mais, concernant les VTC, aucun moyen de vérifier s'ils sont locaux ! » Reste à voir si ce soutien officiel se concrétisera dans les usages.



