Les ambulanciers privés du Var ont reconduit leur mouvement de grève ce mercredi 1er juillet 2026, après une opération escargot qui a fortement perturbé la circulation à l'entrée est de Toulon, mais sans obtenir de réponse satisfaisante des autorités. Les professionnels du transport sanitaire dénoncent un "silence incompréhensible" de la part du gouvernement et de la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM).
Une mobilisation d'ampleur sans résultat concret
Dès 7 heures du matin, environ soixante-dix véhicules et une centaine d'ambulanciers se sont rassemblés sur l'aire de La Garde (ex-La Chaberte) avant de partir en opération escargot sur l'A57 en direction de Toulon. Le cortège, roulant au pas sur les trois voies, a provoqué un important bouchon, conduisant le préfet du Var à prendre un arrêté interdisant au cortège de réemprunter l'autoroute après son passage à l'hôpital Sainte-Musse. Les ambulances ont alors rejoint la préfecture par la côte, sirènes hurlantes.
Vers midi, une délégation a rencontré Joséphine Guigliano-Boutonnet, directrice de cabinet du préfet Simon Babre. "Elle nous a prêté une oreille attentive et compréhensive, nous assurant faire remonter nos demandes au préfet, qui lui-même les transmettra au Premier ministre", a déclaré Johan Cabrita, directeur général de Var Assistance et délégué régional de la Chambre nationale des services d'ambulances (CNSA). Cependant, aucune annonce concrète n'a été faite pour répondre aux revendications des grévistes.
Des revendications ignorées malgré des mois d'alerte
Les ambulanciers réclament l'ouverture de négociations pour revaloriser les tarifs des prestations, réduire les délais de paiement des factures, mieux rémunérer les temps d'attente et obtenir des aides au carburant suffisantes. Ils estiment que leur activité est en péril et que préserver le transport sanitaire est essentiel pour l'accès aux soins.
Plus tard dans la journée, les représentants se sont présentés à la Caisse primaire d'assurance maladie du Var à La Rode, où le directeur adjoint Romain Durand n'a pu que promettre de faire suivre les revendications à la CNAM. "Nos revendications, ils les connaissent, ça fait des mois qu'on alerte ! Or, aujourd'hui, malgré une mobilisation sans précédent dans le département, il n'y a aucune proposition, aucun acte, ni de la ministre de la Santé, ni du Premier ministre. Ce silence est incompréhensible", s'est insurgé Johan Cabrita.
La grève reconduite, avec des actions ciblées
Face à cette absence de réponse, les ambulanciers ont décidé de poursuivre leur mouvement. Ils n'envisagent pas pour l'instant de nouvelle opération escargot ou de manifestation perturbant la circulation des Varois, mais ils maintiennent leur grève des sorties d'hôpital, "malgré les pressions". "L'urgence est telle que même si nous perdons de l'argent, nous ne pouvons pas arrêter le mouvement sans avoir obtenu d'avancées", a prévenu Johan Cabrita.
Le mouvement, soutenu par trois organisations syndicales (Chambre nationale des services d'ambulance, Fédération nationale de la mobilité sanitaire et Fédération nationale des ambulanciers privés), avait déjà été précédé d'une rencontre infructueuse avec la ministre de la Santé le vendredi 26 juin. Les professionnels du Var, qui alertent depuis des mois sur la dégradation de leurs conditions d'exercice, entendent désormais intensifier la pression sur les autorités.



