Fonderie de Bretagne obtient un répit en redressement judiciaire
Fonderie de Bretagne en redressement judiciaire

Ce vendredi matin, le tribunal de commerce de Lorient a placé la Fonderie de Bretagne, implantée à Caudan (Morbihan), en redressement judiciaire pour cessation de paiements, évitant ainsi une liquidation immédiate. Une décision accueillie avec soulagement par les 200 personnes rassemblées devant le tribunal, alors que l'avenir des 250 salariés était en jeu.

Un répit jusqu'au 17 juillet pour trouver 3 millions d'euros

L'entreprise dispose désormais jusqu'au 17 juillet pour réunir trois millions d'euros. « Si l'objectif n'est pas atteint, alors ça sera la liquidation », a prévenu Eric Guyomard, délégué syndical CGT. En cas de succès, la procédure se poursuivra pour permettre à l'entreprise de chercher un repreneur. « Je suis optimiste », a-t-il ajouté.

« Je m'attendais au redressement, pas à la liquidation, car la fonderie mérite d'exister », a réagi Eric Blanchier, salarié et élu CGT. « Maintenant, il faut qu'il y ait des gens sérieux à la tête de l'usine. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Europlasma, un repreneur défaillant

Reprise en avril 2025 par Europlasma, spécialiste du sauvetage de sites industriels en difficulté, la fonderie n'a pas bénéficié des investissements promis. Europlasma s'était engagé à injecter 15 millions d'euros sur trois ans et à diversifier la production, notamment vers des corps creux pour obus de mortier. Mais selon Maël Le Goff, secrétaire général de la CGT de la Fonderie de Bretagne, le groupe n'a jamais versé l'intégralité des sommes.

La situation s'est aggravée après un grave incendie survenu en janvier, qui a endommagé l'un des fours et stoppé la production. Europlasma impute ses difficultés à cet incendie, mais les syndicats dénoncent une gestion catastrophique. « La galère a daté depuis le jour où ils sont arrivés ! », a lancé Maël Le Goff ce vendredi.

Le ministre de l'Économie mobilise Renault

Interrogé mercredi au Sénat, le ministre de l'Économie Roland Lescure a indiqué « mobiliser Renault pour générer de la trésorerie », le constructeur automobile ayant placé des fonds en fiducie. « Nous souhaitons collaborer avec Renault pour que cet argent permette de gagner du temps, de passer en redressement judiciaire et ensuite de trouver un repreneur », a-t-il précisé. Les syndicats comptent sur cette aide pour éviter la liquidation et permettre à l'entreprise de retrouver un repreneur sérieux.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale