Alors que les États-Unis s'apprêtent à célébrer le 250e anniversaire de leur indépendance le 4 juillet 2026, Netflix propose une plongée historique avec la série documentaire The American Experiment : Une nation à l'épreuve du temps. Réalisée par Brian Knappenberger en cinq épisodes de 70 minutes, elle réunit historiens, figures politiques et enseignants pour explorer la construction de la nation américaine de 1753 au 4 juillet 1776.
Des Français en guerre sur le sol américain
En 1754, treize colonies britanniques occupent la côte Est, tandis que la France détient plusieurs positions stratégiques. George Washington, alors lieutenant-colonel de l'armée britannique, cherche à chasser les Français de l'Ohio. Le 28 mai, le commandant français Joseph Coulon de Villiers de Jumonville est tué par un détachement de Washington, événement considéré comme le déclencheur de la guerre de Sept Ans. Paradoxalement, Washington finira par s'allier aux Français pour libérer les colons du joug britannique.
Le Stamp Act, étincelle de la révolte
En 1765, le Parlement britannique vote le Stamp Act, une taxe sur les documents officiels, journaux et même cartes à jouer, pour renflouer les caisses après la guerre de Sept Ans. Les colons, sans représentation à Londres, crient à la tyrannie et se révoltent. La loi est finalement abrogée, mais elle reste l'étincelle qui mène à la guerre d'indépendance.
La Boston Tea Party contre les impôts déguisés
Après l'échec du Stamp Act, le gouvernement britannique taxe le thé de manière détournée en accordant à la British East India Company le droit de vendre ses surplus directement aux colonies, à bas coût mais avec une taxe. Le 16 décembre 1773, des colons déguisés en Amérindiens jettent 342 caisses de thé (46 tonnes) dans le port de Boston : c'est la Boston Tea Party. La guerre d'indépendance débute officiellement le 19 avril 1775, et Washington prend la tête de l'armée américaine le 15 juin.
Les esclaves comme monnaie d'échange
L'esclavage était courant dans les treize colonies, et Washington lui-même y avait grandi. En novembre 1775, le gouverneur royal de Virginie publie la Proclamation de Dunmore, promettant la liberté aux esclaves qui rejoindraient l'armée britannique. Environ 5 000 hommes sont ainsi recrutés. Après la victoire américaine en 1783, les survivants sont évacués vers le Canada, les Caraïbes ou la Sierra Leone.
L'indépendance, mais à quel prix
Le 4 juillet 1776, le Congrès approuve la Déclaration d'indépendance, rédigée par Thomas Jefferson, John Adams et Benjamin Franklin. Elle proclame que « tous les hommes sont créés égaux » et dotés de droits inaliénables, alors que l'esclavage ne sera aboli qu'en 1865. La rupture politique avec la Grande-Bretagne est consommée, mais l'indépendance n'est officiellement reconnue que le 3 septembre 1783 par le Traité de Paris. Ce traité prévoit la restitution des esclaves à leurs propriétaires, tandis que les nations autochtones, comme les Cherokees et les Mohawks, sont exclues des négociations et entament leur migration vers l'ouest.
Winner Takes All : le collège électoral
La Constitution américaine, adoptée le 17 septembre 1787, instaure le collège des grands électeurs : deux sénateurs par État et des représentants selon la population. Ce système provisoire permet qu'un candidat remportant la majorité des suffrages populaires perde l'élection, comme Hillary Clinton en 2016, qui a obtenu 6,53 millions de voix de plus que Donald Trump mais 227 grands électeurs contre 304 pour son rival. « Une abomination », commente-t-elle aujourd'hui.



