Dans le cadre du plan de gestion de la ressource en eau, l'EPTB Vidourle a procédé à un traçage à la fluorescéine sur le Crespenou, un affluent du Vidourle. L'opération vise à mieux comprendre le fonctionnement hydrologique du cours d'eau et ses échanges avec les nappes souterraines, en amont de Quissac.
Un traceur vert pour suivre le chemin de l'eau
« Ce que nous cherchons, c’est à développer notre connaissance sur le cours d’eau et les interactions avec les eaux souterraines en amont de Quissac », explique Étienne Demouzon, chargé de mission Ressource en eau à l’EPTB Vidourle, basé à Sommières. Le syndicat poursuit ainsi les premières études commencées en 2022, qui devraient prendre fin début 2027.
Un traçage spécifique a été réalisé sur le Crespenou, qui traverse Monoblet et Durfort avant de se jeter dans le Vidourle à Sauve. « Nous avons injecté un traceur au niveau du pont de Durfort sur la D 982. Au départ nous avions prévu 500 g de fluorescéine, dose que nous avons réduite à 300 g au vu du débit du cours d’eau », précise le chargé de mission.
Un colorant inoffensif mais visible
La fluorescéine, un colorant vert fluo, peut impressionner visuellement, mais il est sans danger pour la faune et la flore. « Au bout de 48 à 72 heures, un très léger voile vert peut rester avant de disparaître », ajoute Étienne Demouzon. Le protocole complet a été communiqué à l’ARS, aux pompiers, à la gendarmerie et aux collectivités concernées.
Les fluorimètres, outils de mesure, sont situés à plus de 3 km du point d’injection, ce qui implique un certain délai avant la détection du traceur. Deux capteurs prennent des mesures en continu, tandis que deux autres capteurs avec des passages manuels complètent le dispositif, en prélevant 50 à 100 cl d’eau pour une mesure manuelle du terrain.
L'hypothèse d'un système karstique
« Nous supposons – mais le traçage et les résultats de l’étude viendront l’infirmer ou le confirmer – qu’à un moment le Crespenou disparaît sous l’eau pour pénétrer peu à peu dans des systèmes karstiques, très hétérogènes ; il semblerait que l’eau colorée s’infiltre dans les fissures et les galeries », détaille Étienne Demouzon.
Ces mesures fournissent des informations précieuses sur le volume d'eau qui transite, la vitesse d'écoulement entre deux points, et le point de sortie de l'eau. En matière de gestion de l'eau potable, cela permet une meilleure protection des captages en cas de pollution. « Ces opérations nous permettent de sanctuariser et protéger certaines zones en évitant d’y réaliser de nouveaux forages », conclut le chargé de mission.



