Le gouvernement déploie des mesures face à la crise énergétique
Confronté à la flambée des prix de l'énergie, l'exécutif a dévoilé lundi un plan de soutien centré sur des aides à la trésorerie pour les entreprises de transport et de pêche. Contrairement à certaines attentes, aucune aide directe à la pompe n'a été annoncée. En parallèle, le gouvernement a sollicité les raffineurs français pour qu'ils évaluent, dans les meilleurs délais, la possibilité d'augmenter rapidement et temporairement leur production de produits raffinés.
Renforcer la production nationale pour soulager les marchés
L'objectif affiché de ces initiatives est double : contribuer à alléger la tension sur les marchés européens des produits raffinés et réduire les pressions si la situation devait persister. Pour renforcer la capacité de production nationale, le gouvernement a notamment autorisé la raffinerie de Gravenchon, située près du Havre, à augmenter ses capacités. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a précisé que ce site, récemment acquis par l'énergéticien canadien North Atlantic, est au cœur de ce dispositif.
Sébastien Lecornu a souligné que la crise au Moyen-Orient et les tensions autour du détroit d'Ormuz font monter les prix de l'énergie à l'échelle mondiale, affectant des secteurs essentiels et grands consommateurs de carburants comme la pêche, le transport ou l'agriculture.
Des marges de manœuvre limitées pour les raffineurs
Les possibilités d'augmentation de production semblent toutefois restreintes. North Atlantic indique qu'avec l'outil technique actuel, la hausse de capacité ne peut excéder 10 %, ce qui représenterait jusqu'à 12 000 tonnes de kérosène et 15 000 tonnes de gazole supplémentaires par mois. La France est particulièrement dépendante des importations pour ces ressources, important notamment 50 % du gazole consommé. En 2025, cette consommation s'est élevée à 27 millions de tonnes selon l'Union française des industries pétrolières (Ufip).
Du côté de TotalEnergies, principal raffineur du pays, cette demande n'entraînera pas de hausse de production, l'appareil industriel étant déjà au maximum de ses capacités.
Des aides ciblées mais des critiques immédiates
Contraint par la discipline budgétaire, l'exécutif n'envisage pas, à ce stade, de baisser les taxes sur les carburants. Il a en revanche détaillé des mesures d'aide à la trésorerie pour les secteurs de la pêche et des transports. Les ministères concernés ont annoncé :
- Des reports de cotisations sociales.
- Un étalement des échéances fiscales pour les entreprises volontaires.
- Des prêts via la banque publique d'investissement Bpifrance.
Ces annonces ont suscité des critiques immédiates. L'Association nationale des organisations de producteurs (Anop) et l'Union des armateurs à la pêche de France (UAPF) ont dénoncé des « mesurettes » et réclamé des actes à la hauteur de la situation. De son côté, la Fédération nationale des transports routiers (FNTR) demandait la publication d'un indice de référence du gazole tous les quinze jours au lieu de tous les mois. Le gouvernement a confirmé que ce changement sera adopté temporairement, tout en invitant les chargeurs à réduire leurs délais de paiement pour soutenir les transporteurs.



