Crise pétrolière au Moyen-Orient : le gouvernement écarte une baisse des taxes sur les carburants
Crise pétrolière : pas de baisse des taxes sur les carburants

Flambée des prix du pétrole : le gouvernement maintient les taxes sur les carburants

Alors que les attaques se multiplient contre les sites de production d'hydrocarbures au Moyen-Orient, le prix du baril de Brent a bondi de près de 7% ce jeudi 19 mars 2026, avec des pics à plus de 10%. Cette escalade menace de propulser le cours au-delà des 120 dollars, entraînant une hausse conséquente des prix à la pompe en France. Dans ce contexte tendu, le gouvernement de Sébastien Lecornu a confirmé qu'il n'envisageait pas, à ce stade, de baisser les taxes sur les carburants, qui représentent 50 à 55% de leur prix final.

Une position ferme malgré les pressions

La porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l'Énergie, Maud Bregeon, a été catégorique sur BFMTV : « Le scénario d'une baisse des taxes n'est pas envisagé à l'heure où on se parle ». Cette déclaration intervient alors que le pouvoir d'achat reste une préoccupation majeure des Français, à la veille du second tour des élections municipales. L'exécutif, astreint à une discipline budgétaire stricte, privilégie d'abord le soutien à la trésorerie des secteurs vulnérables, comme les transporteurs et les pêcheurs, frappés de plein fouet par cette nouvelle flambée.

Une réunion ministérielle pour anticiper les impacts

Une réunion prévue sur les questions énergétiques s'est tenue en fin de matinée à Matignon, réunissant le Premier ministre Sébastien Lecornu, Maud Bregeon, Serge Papin (ministre du Commerce) et Roland Lescure (ministre de l'Économie). L'objectif : évaluer les répercussions économiques de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée fin février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran. Les discussions ont porté sur les mesures d'urgence pour pallier les difficultés de trésorerie, sans toucher aux taxes.

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L'escalade militaire fait trembler les marchés

L'Iran a averti qu'il ne ferait preuve d'« aucune retenue » dans ce conflit, après avoir ciblé des infrastructures clés comme le site de production de gaz naturel liquéfié de Ras Laffan au Qatar. Des raffineries au Koweït et en Arabie saoudite ont également été attaquées par des drones. En réponse, le président américain Donald Trump a menacé de détruire « massivement l'intégralité du gisement » de South Pars/North Dome si Téhéran persistait. Ces échanges de frappes alimentent les craintes d'une crise économique mondiale, avec le gaz européen qui a grimpé jusqu'à 35%.

Le détroit d'Ormuz, point névralgique sous tension

Expert à l'Institut national des études de sécurité de Tel-Aviv, Dennis Citrinowicz analyse sur X que le conflit « dérive vers une guerre d'usure ». L'Iran démontre sa capacité à défendre ses atouts stratégiques, notamment le détroit d'Ormuz, par lequel transite un cinquième du pétrole et du gaz mondiaux. Ce passage, régulièrement visé, est de facto bloqué par Téhéran, ajoutant à l'instabilité des marchés. Aditya Saraswat, analyste chez Rystad Energy, estime que si d'autres infrastructures sont touchées, le baril pourrait dépasser 120 dollars, avec un potentiel de hausse supplémentaire.

Face à cette situation volatile, le gouvernement français reste vigilant, mais maintient sa ligne : pas de baisse des taxes pour l'instant, priorité à l'accompagnement des secteurs en difficulté. Les prochains jours seront cruciaux pour observer l'évolution des prix et l'impact sur le pouvoir d'achat des ménages.

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