Carburants : le gouvernement annonce des mesures timides face à la flambée des prix
Carburants : mesures timides du gouvernement face à la hausse

Carburants : le gouvernement annonce des mesures timides face à la flambée des prix

Alors que les prix de l'essence et du diesel atteignent désormais jusqu'à 2,20 euros à la pompe en raison de la guerre au Moyen-Orient, le gouvernement français a présenté lundi 23 mars 2026 des mesures de soutien pour certains secteurs professionnels, mais sans aide directe pour les automobilistes. Cette hausse, attribuée aux tensions géopolitiques impliquant les États-Unis, Israël et l'Iran, touche particulièrement les secteurs de la pêche, des transports et de l'agriculture.

Augmentation de la production nationale

Le gouvernement mise en priorité sur l'augmentation de la production via les raffineries françaises. Dans un courrier consulté par l'AFP, l'exécutif a demandé aux raffineurs d'évaluer rapidement leur capacité à augmenter temporairement la production de produits raffinés. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a indiqué sur X que le gouvernement avait permis à la raffinerie de Gravenchon, près du Havre, d'augmenter ses capacités. Cette raffinerie, récemment achetée par l'énergéticien canadien North Atlantic, pourrait augmenter sa production de jusqu'à 10%, soit environ 12 000 tonnes de kérosène et 15 000 tonnes de gazole supplémentaires par mois, selon l'entreprise.

Cependant, les marges de manœuvre semblent limitées. TotalEnergies, principal raffineur en France, a indiqué que sa production était déjà au maximum. La France importe 50% du gazole qu'elle consomme, avec une consommation de 27 millions de tonnes en 2025, selon l'Union française des industries pétrolières. Sébastien Lecornu a souligné que la crise au Moyen-Orient et les tensions autour du détroit d'Ormuz font monter les prix de l'énergie mondialement, affectant des secteurs essentiels.

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Pas de baisse des taxes sur les carburants

Contrairement à ses voisins européens, le gouvernement français n'envisage pas de baisser les taxes sur les carburants. En Italie, le gouvernement de Giorgia Meloni a adopté un décret réduisant les prix à la pompe d'environ 25 centimes jusqu'à mi-avril, tandis qu'en Espagne, la remise fiscale atteint 20 centimes par litre. En France, la députée Renaissance Elisabeth Borne a justifié cette position sur TF1, affirmant qu'il faut éviter les baisses de taxes systématiques et trouver un équilibre dans ce contexte budgétaire contraint.

Des aides à la trésorerie pour les secteurs touchés

Pour les professionnels de la pêche, des transports et de l'agriculture, le gouvernement a annoncé des mesures d'aide à la trésorerie. Ces mesures incluent le report de cotisations sociales, l'étalement des échéances fiscales pour les entreprises qui le demandent, et des prêts via Bpifrance. Cependant, les organisations professionnelles ont critiqué ces annonces. L'Association nationale des organisations de producteurs et l'Union des armateurs à la pêche de France ont dénoncé des "mesurettes" et réclamé des actions plus substantielles. Le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins a averti que sans mesures concrètes, de nombreux navires pourraient cesser leur activité.

La Fédération nationale des transports routiers a obtenu que l'indice de référence du gazole soit publié tous les quinze jours au lieu de mensuellement, pour refléter plus rapidement l'évolution des prix. Le gouvernement a également invité les chargeurs à réduire leurs délais de paiement pour soutenir les transporteurs. Le ministère de l'Agriculture cherche un accord avec les banques et distributeurs pour apporter de la flexibilité aux entreprises en difficulté.

En résumé, face à la flambée des prix des carburants, le gouvernement français opte pour des mesures ciblées sur les secteurs professionnels, tout en évitant une baisse générale des taxes, une approche qui suscite des critiques quant à son efficacité face à l'urgence économique.

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