Gilles Vermot Desroches : « Investir dans les jeunes est un investissement, pas une perte »
Investir dans les jeunes : un investissement, pas une perte

Gilles Vermot Desroches, président de la commission « L’entreprise dans la société » au sein du Medef national et cadre chez Schneider Electric, a plaidé pour un investissement accru en faveur des jeunes, lors de la REF (Rencontre des entrepreneurs de France) organisée par le Medef Hérault Montpellier. Selon lui, « investir de l’argent public et de l’argent privé pour que les jeunes puissent contribuer à ce que j’appellerais l’économie nationale, l’effort national, c’est vraiment un investissement et pas une perte ».

Un rendez-vous manqué entre jeunes et entreprises ?

Interrogé sur les difficultés d’insertion des jeunes dans les entreprises, Gilles Vermot Desroches a réfuté l’idée d’un rendez-vous raté. « Non, parce que les jeunes rêvent d’entreprise. On remarque d’ailleurs que, quand ils sont au chômage, ce qui leur manque, c’est le travail », a-t-il déclaré. Selon lui, les jeunes apportent leur contribution « avec une envie de travailler différemment », en étant « plus attentifs que d’autres à la question du sens, de la vérité et du respect mutuel ».

Il a souligné que les jeunes sont moins dans une logique hiérarchique stricte : « Quand ils ne sont pas d’accord, ils le disent peut-être plus que d’autres ». Ils ont besoin « de comprendre dans quel narratif global ils sont et la place qu’ils y tiennent », ce qui conduit à une « réduction des réalités hiérarchiques » et à une organisation plus rapide pour se dire les choses. Néanmoins, ils ont aussi « besoin d’un cadre ».

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Les jeunes préfèrent le travail au télétravail

Un constat surprenant a été mis en avant : « Dans un temps de télétravail, les jeunes sont aussi ceux qui viennent le plus au travail. Parce qu’ils y trouvent un collectif qu’ils ne trouvent pas forcément ailleurs ». Cette situation, selon lui, montre qu’« un jeune qui n’est pas en travail, qui n’est pas en formation, c’est un problème pour lui-même et pour sa famille ». Elle révèle aussi une recherche d’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle, avec une volonté de « vivre son temps avec des apprentissages tout au long de la vie ».

Pour intégrer les jeunes, Gilles Vermot Desroches recommande de se poser « la question du parcours juridique de cette intégration qui, souvent, est bien trop long ». Il a critiqué les parcours enchaînant stage, intérim et CDD avant un éventuel CDI, y voyant « un manque de prise de risque ». Selon lui, « quand l’entreprise n’a pas cette capacité de prise de risque, probablement que le jeune ne va pas apprendre à avoir à son tour cette prise de risque, cet engagement en faveur de son entreprise ».

Les entreprises ont besoin des jeunes pour innover

Le président de la commission a rappelé trois raisons pour lesquelles les entreprises ont besoin des jeunes : ils renouvellent « le corps social, la réflexion », ils sont à l’origine de la plupart des grandes innovations avant 40 ans, comme l’ont montré Pasteur, Einstein, Pierre Belon pour la Sodexo ou les frères Schneider, et ils assumeront « le modèle social de demain ». Il a insisté : « Investir pour qu’elle soit capable de le faire, c’est investir aussi pour nous-mêmes ».

Face à la situation économique difficile, il a appelé à des choix courageux : « On est dans un moment où on est un peu plus dur économiquement, il faut qu’on fasse courageusement, secteur public, secteur privé, des choix pour que les jeunes puissent avoir un emploi ». Il a particulièrement insisté sur les formations scientifiques.

La jeunesse, variable d’ajustement économique

Interrogé sur les difficultés d’insertion des jeunes diplômés, avec un taux de chômage de 30 à 35 %, Gilles Vermot Desroches a dénoncé le fait que « la jeunesse est un peu la variable d’ajustement de l’équilibre financier de l’entreprise ». Il a cité des statistiques montrant que « toutes les autres générations s’enrichissent, alors que la jeunesse s’appauvrit ». Il a également relevé que « trente ans après sa création, le Samu social sert aujourd’hui la moitié de ses repas à des moins de 30 ans », une situation qu’il juge inacceptable.

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Pour lui, il est nécessaire de « partager la richesse, partager la responsabilité en entreprise, prolonger la vision court terme », tout en respectant la réalité économique actuelle. Il a conclu en affirmant que « l’avenir des jeunes est notre avenir » et qu’« on ne peut pas sacrifier cette génération ».