Le tribunal de commerce a prononcé la liquidation judiciaire de l'usine Fibre Excellence de Tarascon (Bouches-du-Rhône), une décision qui plonge dans l'incertitude le site de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et ses 140 salariés. L'entreprise, spécialisée dans la production de pâte à papier, n'a pas réussi à trouver un repreneur malgré plusieurs mois de recherche.
Une situation financière irrémédiable
Placée en redressement judiciaire depuis février 2026, la société Fibre Excellence n'a pas convaincu les juges de sa capacité à se redresser. Selon une source proche du dossier, les dettes cumulées dépassaient les 15 millions d'euros, dont une large part due aux fournisseurs et aux salariés. Le tribunal a estimé que toute poursuite d'activité serait vaine.
L'usine de Tarascon employait 250 personnes jusqu'à sa fermeture en avril dernier. Ces salariés se retrouvent sans perspective de réemploi sur le site. Les élus locaux avaient multiplié les appels à l'État pour éviter cette issue, mais les aides publiques n'ont pas suffi à maintenir l'activité.
Le site de Saint-Gaudens dans l'attente
L'inquiétude se concentre désormais sur l'usine de Saint-Gaudens, qui emploie 140 salariés. Bien que juridiquement distincte, elle est détenue par le même groupe. Selon la direction, aucune décision n'a encore été prise concernant son avenir, mais les syndicats redoutent une extension de la liquidation. « Nous sommes dans l'expectative, sans garantie sur les salaires ni sur la poursuite de l'activité », confie un délégué syndical sous couvert d'anonymat.
Le gouvernement a annoncé l'activation d'une cellule de suivi pour accompagner les salariés de Tarascon et étudier les possibilités de reclassement. Pour Saint-Gaudens, des discussions sont en cours avec des investisseurs potentiels, mais aucun accord n'a été officialisé.
Impact économique local
La fermeture de Tarascon représente un coup dur pour l'économie locale, où l'usine était l'un des principaux employeurs industriels. Les élus appellent à une mobilisation nationale pour éviter la disparition de la filière papetière française, déjà fragilisée par la concurrence internationale et la hausse des coûts de l'énergie.
Selon une étude de la CCI régionale, la perte de ces sites pourrait entraîner la suppression de 500 emplois indirects dans la logistique et la sous-traitance. Les collectivités locales cherchent à attirer de nouveaux industriels, mais la reconversion des sites reste incertaine.



