Une modernisation attendue des titres-restaurant
Annoncée l'année dernière, la réforme des titres-restaurant fera l'objet d'une proposition de loi déposée « d'ici l'été », a confirmé le ministre du Pouvoir d'achat Serge Papin. L'objectif est une adoption définitive avant la fin de l'année 2026. Cette modernisation vise à adapter un dispositif né à la fin des années 1960 aux réalités contemporaines de la consommation et du numérique.
Les principales mesures de la réforme
Le texte, dont « les grandes lignes » avaient été détaillées en juin 2025 par Véronique Louwagie, prédécesseure de Serge Papin, comprend plusieurs avancées significatives :
- Dématérialisation complète : Fin progressive des supports physiques au profit de versions numériques.
- Utilisation le dimanche : Extension de la possibilité de paiement à tous les salariés ce jour-là, via une mesure réglementaire parallèle.
- Pérennisation des courses en supermarché : Maintien au-delà de 2026 de l'autorisation de régler des achats alimentaires en grande surface, malgré l'opposition de certains restaurateurs.
- Dons aux associations : Introduction légale de la possibilité de transférer ses titres à des organismes agréés.
- Interdiction de pratiques abusives : Comme les rétrocommissions pour les professionnels.
Un impact sur le pouvoir d'achat
Serge Papin présente cette réforme comme une « mesure de pouvoir d'achat » et de « liberté ». Elle concerne plus de cinq millions de salariés et quelque 244.000 commerçants en France. Dans un contexte économique marqué par les conséquences de la guerre au Moyen-Orient et la flambée des prix du carburant, cette modernisation doit offrir plus de flexibilité aux utilisateurs.
Le ministre a toutefois tempéré les attentes en rappelant qu'une « hausse des prix est inévitable », estimée à 2% en juin par l'Insee, tout en soulignant que la situation serait « très loin de l'hyperinflation » connue entre 2022 et 2024 sur les produits alimentaires.
Débats et ajustements en cours
La réforme ne fait pas l'unanimité, notamment parmi les restaurateurs qui critiquent l'autorisation des paiements en supermarché, y voyant un manque à gagner. Interrogé sur des dérives, comme l'acceptation des titres par l'enseigne Hema pour des chips et confiseries, Serge Papin s'est dit « favorable » à une restriction aux commerces « essentiellement alimentaires ».
Le texte, « porté par les parlementaires » selon le ministre, devrait être débattu dans les mois à venir, avec des « aménagements » possibles pour concilier les intérêts des différentes parties prenantes.



