Inscrit aux Monuments historiques depuis mars 2026, le décor peint de la chapelle Notre-Dame de la Providence a fait l'objet d'une conférence suivie par près de 170 personnes. La Société des lettres avait exceptionnellement quitté son lieu habituel de rendez-vous pour investir la chapelle, à Mende. Un choix dicté par le sujet de la conférence : les neuf fresques qui ornent le chœur et les absidioles de l'édifice, récemment inscrites au titre des Monuments historiques.
Un ensemble réalisé en 1936
Pour présenter cet ensemble réalisé en 1936, l'association avait invité Nicolas Bru, conservateur régional des Monuments historiques à Montpellier. Un spécialiste du sujet, puisque sa thèse de doctorat en histoire de l'art portait sur les Ateliers d'art sacré, fondés en 1919 à Paris par Maurice Denis et Georges Desvallières.
Un décor conçu par des artistes parisiens
Avant son intervention, l'histoire de la Providence a été brièvement rappelée. Créée en 1820 dans le quartier de la Vabre par la congrégation des Servantes des pauvres de Jeanne Delanoue, l'institution s'est ensuite développée à la Chicanette. Sa chapelle néogothique, dessinée par l'architecte diocésain Laurens, a été achevée en 1895. Quarante ans plus tard, la mère supérieure Marie-Rose Brugeron et l'aumônier Joseph Caupert confient à douze artistes des Ateliers d'art sacré la réalisation d'un vaste programme décoratif. Sous la direction d'Henri de Maistre, les peintres séjournent plusieurs mois à Mende pour créer ces œuvres inspirées à la fois des Évangiles et de la vie quotidienne des religieuses et des orphelines accueillies à la Providence.
À l'aide d'images projetées et d'éclairages dirigés vers les peintures, Nicolas Bru a détaillé les compositions et les références locales qui les traversent. Les religieuses, les pensionnaires ou encore le mont Mimat ont parfois servi de modèles aux artistes.
Le souvenir de la Résistance
La conférence a également été ponctuée de plusieurs intermèdes musicaux à l'orgue assurés par Benoît Orlhac et Catherine Foucou. L'instrument vient d'être restauré après quarante années de silence grâce à l'action de l'association des Amis de la Providence. Enfin, la rencontre a permis de rappeler un autre épisode marquant de l'histoire des lieux. Durant l'Occupation, la Providence a participé au sauvetage de deux enfants juifs, Annie et Gaby Hochman. Pour cet engagement, la mère Brugeron, le père Caupert et la sœur Émilienne ont reçu en 2011 le titre de « Justes parmi les nations ».
Près de 170 personnes, parmi lesquelles l'évêque de Mende, Mgr Benoît Bertrand Pelletier, ont assisté à cette redécouverte d'un patrimoine désormais reconnu au niveau national.



