La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a infligé une amende de 22 millions d'euros à Shein, le géant chinois de la fast-fashion. Cette sanction, rendue publique ce mercredi, est l'une des plus lourdes jamais prononcées par l'autorité française contre un acteur du commerce en ligne.
Des pratiques commerciales trompeuses
L'enquête de la DGCCRF, menée sur plusieurs mois, a mis en lumière de nombreuses infractions. Shein est accusé d'avoir utilisé des pratiques commerciales trompeuses, notamment en affichant des prix barrés qui ne correspondaient à aucun prix réellement pratiqué. Les consommateurs étaient ainsi incités à acheter sous l'impression d'une fausse réduction.
De plus, l'entreprise aurait manqué à ses obligations d'information sur les délais de livraison et les conditions de retour. Plusieurs clients ont signalé des retards de livraison importants sans communication préalable, ainsi que des difficultés pour exercer leur droit de rétractation.
Des manquements répétés
Ce n'est pas la première fois que Shein est épinglé par les autorités françaises. En 2023, la DGCCRF avait déjà infligé une amende de 1,5 million d'euros pour des motifs similaires. Cette nouvelle sanction, d'un montant 15 fois supérieur, témoigne de la gravité et de la récurrence des infractions.
Selon le communiqué de la DGCCRF, Shein n'a pas pris les mesures nécessaires pour se conformer à la législation française, malgré les avertissements précédents. L'autorité souligne que les consommateurs doivent pouvoir faire leurs achats en toute confiance, et que les pratiques déloyales nuisent à l'ensemble du secteur.
Un modèle économique contesté
Shein, qui s'est imposé comme un leader mondial de la mode à bas prix, est régulièrement critiqué pour son modèle économique. Au-delà des questions de consommation, l'entreprise est pointée du doigt pour son impact environnemental et social. La fast-fashion est accusée de favoriser la surconsommation et de générer des déchets textiles massifs.
Les associations de consommateurs saluent cette décision. "C'est un signal fort envoyé à tous les acteurs du e-commerce", déclare Maud Thomas, présidente de l'UFC-Que Choisir. "Les pratiques trompeuses doivent être sanctionnées sévèrement pour protéger les consommateurs et encourager une concurrence loyale."
Réaction de Shein
Shein a réagi en annonçant son intention de faire appel de cette décision. Dans un communiqué, l'entreprise affirme avoir "toujours agi en conformité avec les réglementations locales" et estime que l'amende est "disproportionnée". Elle se dit prête à collaborer avec les autorités pour clarifier les points litigieux.
En attendant, les consommateurs sont invités à redoubler de vigilance lors de leurs achats en ligne. La DGCCRF rappelle qu'il est important de vérifier les conditions générales de vente et de conserver tous les justificatifs en cas de litige.



