Un jeune footballeur gardois victime d'une allergie suspectée liée à des protège-tibias Decathlon
À Rochefort-du-Gard, un jeune footballeur de 12 ans, Thibault, est au cœur d'une inquiétante affaire médicale. Depuis cinq mois, il souffre d'une violente allergie qui s'est propagée sur tout son corps, l'obligeant à être déscolarisé et sous traitement médical constant. Ses parents suspectent fortement les protège-tibias de la marque Kipsta, achetés chez Decathlon au Pontet dans le Vaucluse, d'être à l'origine de cette réaction.
L'apparition des symptômes et le diagnostic initial
En décembre dernier, Thibault, gardien de but dans l'équipe locale, a porté pour la première fois sa nouvelle tenue de football, achetée environ 150 euros chez Decathlon. Les protège-tibias, fabriqués en Chine et vendus 7,95 euros, sont rapidement devenus problématiques. Après seulement trois ou quatre matches, de grandes plaques rouges, semblables à des brûlures, sont apparues sur ses tibias, précisément à l'endroit où les coques protectrices étaient positionnées.
Le médecin traitant a diagnostiqué une éruption urticarienne due à une réaction allergique. Malgré la prescription d'anti-allergiques et de corticoïdes, l'affection a persisté, conduisant le praticien à suspecter les protège-tibias comme cause probable.
Les démarches des parents et la réponse de Decathlon
Inquiets, les parents de Thibault ont contacté Decathlon. L'enseigne a mis la famille en relation avec un toxicologue industriel d'Oxylane, une société du groupe. Cependant, les échanges ont rapidement tourné au vinaigre. Le spécialiste s'est surtout intéressé aux shampoings, gels douche ou à la lessive utilisée à la maison, plutôt qu'à la mousse des coques des protège-tibias.
Decathlon a même envoyé 6 litres de lessive hypoallergénique à la famille, accompagnés de conseils d'utilisation pour la machine à laver. Dominique Vasco, le père de Thibault, s'est agacé de cette approche, déclarant : "Bientôt, ils vont incriminer le carrelage ou la peinture de notre maison." La suggestion de tester à nouveau le même protège-tibia neuf pour éliminer tout doute concernant le détergent a finalement poussé la famille à prendre un avocat.
L'aggravation de l'état de santé et les conséquences
L'allergie de Thibault s'est considérablement aggravée, se propageant sous la plante des pieds, la paume des mains et sur tout le corps. Le jeune garçon, désormais déscolarisé, suit des cours à domicile et est suivi par un dermatologue et un allergologue. Son père décrit sa situation : "Il vit comme un ermite, et ne cesse de se gratter."
Les parents ont également relevé sur le site de Decathlon plusieurs autres témoignages mettant en cause le même produit, renforçant leurs suspicions. Dominique Vasco exige de l'enseigne : "Je veux qu'ils soient honnêtes, et qu'ils me disent tout ce qu'il y a dans ces protège-tibias de façon compréhensible. Et qu'ils fassent le rapprochement avec les autres consommateurs."
L'enquête médicale en cours et les attentes
Le toxicologue d'Oxylane a souligné qu'une enquête très approfondie et médicalement complexe se poursuit pour tenter de trouver l'origine de la réaction de l'enfant. Thibault a été hospitalisé deux jours à Avignon, les 20 et 21 mai derniers, où il a subi une biopsie et une nouvelle batterie d'examens.
Les résultats de ces examens sont attendus avec impatience et devraient être connus le 11 juin prochain. Ils pourraient apporter des éclaircissements cruciaux sur cette affaire qui mêle santé, consommation et responsabilité des équipementiers sportifs. La famille espère des réponses claires et une prise en charge adaptée pour leur fils, dont la vie quotidienne a été profondément bouleversée par cette allergie suspectée liée à un équipement de football.



