Le tribunal judiciaire de Paris a condamné, le 8 juin 2026, Nintendo à une amende de 35 millions d'euros pour pratiques commerciales trompeuses et obsolescence programmée concernant les manettes Joy-Con des consoles Switch. Cette décision fait suite à une action collective menée par l'association UFC-Que Choisir, qui dénonçait depuis 2019 un défaut de conception provoquant un dérive des joysticks après une utilisation modérée.
Un défaut structurel reconnu
Les experts mandatés par la justice ont confirmé que le problème, connu sous le nom de "Joy-Con drift", résulte d'une usure prématurée des contacts électriques à l'intérieur des manettes. Nintendo n'a pas fourni de solution durable, se contentant de proposer des réparations payantes ou des remplacements temporaires. L'amende inclut 20 millions d'euros pour pratique commerciale trompeuse et 15 millions pour non-respect des obligations de durabilité.
Réactions et conséquences
L'UFC-Que Choisir a salué un "verdict historique" qui envoie un signal fort aux fabricants d'électronique. Nintendo, de son côté, a annoncé faire appel, arguant que les Joy-Con sont conçus pour une durée de vie normale et que le phénomène est marginal. Cette affaire pourrait inciter d'autres pays européens à engager des procédures similaires.
Les consommateurs concernés peuvent espérer un dédommagement via le fonds d'indemnisation constitué par Nintendo. La décision intervient alors que la Switch, lancée en 2017, reste l'une des consoles les plus vendues au monde avec plus de 140 millions d'unités écoulées.



