À partir du mois d’octobre, les masseurs-kinésithérapeutes seront habilités à proposer des « bilans prévention », ces rendez-vous gratuits destinés à repérer les fragilités sanitaires. L’annonce a été faite dimanche par le ministère de la Santé, qui a publié un décret en ce sens au Journal officiel. Les kinésithérapeutes rejoignent ainsi les médecins, sages-femmes, infirmières et pharmaciens déjà autorisés à pratiquer ces bilans.
Un dispositif gratuit ouvert aux âges clés
Le dispositif « Mon Bilan Prévention », lancé en 2024, offre un temps d’échange de 30 à 45 minutes avec un professionnel de santé. Il s’adresse à quatre tranches d’âge définies comme « âges clés » : les 18-25 ans, les 45-50 ans, les 60-65 ans et les 70-75 ans.
Ces périodes de la vie sont jugées propices à la détection de certaines difficultés, comme les troubles de la santé mentale chez les jeunes, l’apparition de maladies chroniques (cancer, diabète), ou encore les risques de perte d’autonomie, de dépendance et d’isolement chez les plus âgés. L’objectif est aussi de sensibiliser les patients aux comportements favorables à la santé, dans un contexte marqué par le vieillissement démographique et l’augmentation des maladies chroniques.
Un rendez-vous en plusieurs étapes
Le bilan commence par un auto-questionnaire rempli par l’assuré. À partir des réponses, le professionnel de santé repère les éventuels facteurs de risque, propose des modifications de comportement, prescrit si nécessaire des examens complémentaires et peut orienter le patient vers une prise en charge adaptée. À l’issue de la séance, un « plan d’action personnalisé » est établi et transmis au médecin traitant.
La rémunération du professionnel est fixée à 30 euros pour un bilan complet, et à 31,50 euros dans les outre-mer. Ce montant est intégralement pris en charge par l’Assurance maladie. Dans certaines situations, le praticien peut facturer un acte supplémentaire, comme un frottis, un examen clinique ou une vaccination.
Une montée en charge rapide
Selon les chiffres du ministère, plus de 612 000 bilans avaient été réalisés au 30 juin 2026. Depuis l’automne 2025, les pharmaciens sont devenus les principaux exécutants, réalisant plus de la moitié des bilans. « Près de 10 000 professionnels » se sont déclarés prêts à pratiquer ces rendez-vous et figurent dans l’annuaire dédié sur le site santé.fr.
Le ministère rappelle que vingt millions de Français sont susceptibles de bénéficier de ces bilans, selon les données communiquées par l’exécutif en 2024.
En élargissant l’accès aux masseurs-kinésithérapeutes, le gouvernement espère renforcer l’offre de soins préventifs. Le ministère souligne que ces professionnels « disposent d’une expertise reconnue en matière d’activité physique, de prévention de la perte d’autonomie, de santé musculosquelettique et de promotion des comportements favorables à la santé ». Leur participation « contribuera à renforcer l’accessibilité du dispositif ».
Une mesure saluée par l’Ordre
L’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes a réagi dans un communiqué, estimant que ce décret « vient concrétiser une évolution attendue de longue date, annoncée en juin 2024 » par l’ancien ministre de la Santé, Frédéric Valletoux. Cette reconnaissance élargit le champ d’action de la profession et son rôle dans la prévention primaire.



