Les filières de viandes blanches unies pour la souveraineté alimentaire de la France
Viandes blanches : un plan commun pour la souveraineté alimentaire

Un front commun des filières de viandes blanches pour la souveraineté alimentaire

Les interprofessions de la volaille, des œufs, du foie gras, du porc et du lapin ont dévoilé ce lundi un plan stratégique commun visant à renforcer la souveraineté alimentaire de la France sur les viandes blanches. Ce manifeste, intitulé « reconquête et maintien », comporte 15 mesures concrètes et prévoit des investissements massifs estimés à au moins 9,5 milliards d’euros au sein des différentes filières, sans inclure la modernisation des abattoirs et des industries de transformation.

Une demande de simplification plutôt que de subventions

Lors de la présentation au Salon de l’agriculture, les représentants ont insisté sur le fait qu’ils ne sollicitent pas d’aides financières directes de l’État. « On ne demande pas d’argent, on demande à être allégés sur les règles et normes », a déclaré Jean-Michel Schaeffer, président de l’interprofession volailles. Il a précisé que les milliards nécessaires seront investis par les éleveurs eux-mêmes, principalement via des emprunts, soulignant ainsi leur engagement et leur autonomie.

Un contexte de déclin commercial et des objectifs ambitieux

Cette initiative intervient dans un contexte préoccupant pour la France, premier pays agricole d’Europe, dont l’excédent commercial alimentaire s’est effondré à seulement 200 millions d’euros en 2025, un niveau historiquement bas jamais observé depuis au moins 25 ans. Le ministère de l’Agriculture a sollicité ces filières pour élaborer des plans décennaux afin de rapprocher la production des niveaux de consommation intérieure.

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Les filières partent du constat que la consommation d’œufs et de poulets augmente plus rapidement que la production, notamment affectée ces dernières années par des épisodes de grippe aviaire. En revanche, la production porcine et celle de foie gras ont connu une reprise significative.

Des investissements colossaux pour combler le déficit de production

Le plan détaille des besoins d’investissement précis et ambitieux pour chaque filière :

  • Volailles : nécessité de 220 nouveaux poulaillers de 1 500 m² par an (environ 24 000 poulets par bâtiment), représentant 2,8 milliards d’euros, ainsi que 60 nouveaux poulaillers Label Rouge de 400 m² annuellement. Cela équivaut à 2 800 nouveaux bâtiments d’ici 2035.
  • Poules pondeuses : objectif de 575 nouveaux poulaillers d’ici 2035, soit près de 60 par an, pour un investissement total de 1,1 milliard d’euros.
  • Porc : souhait de 100 créations ou reprises d’élevages existants par an, nécessitant un investissement global de 5 milliards d’euros.

Philippe Bizien, président de l’interprofession porcine, a souligné devant la presse que ces filières partagent « des problématiques communes », notamment concernant la reprise de bâtiments d’élevage et la création de nouvelles exploitations. Ce plan a été présenté à la veille d’un point d’étape par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard sur les conférences de la souveraineté alimentaire, lancées en décembre dernier pour « réarmer » la France face à ce qui est perçu comme une « guerre agricole » imminente.

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